» retour

Un verre après le travail et avant les enfants, quand peut-on parler d’excès ?

Louise (1) boit «au moins une bière et deux verres de vin rouge tous les soirs». Et ce, qu’elle soit «seule ou avec quelqu’un». C’est le rituel que cette mère de deux enfants, la trentaine, a mis en place pour parvenir à se «détendre», «faire le vide» et «se poser». Charlotte, même tranche d’âge, concède aussi avoir un rapport à l’alcool plus quotidien depuis la naissance de ses deux filles. «C’est devenu mon sas de décompression. Avant, pour me détendre, je rentrais chez moi, j’enfilais mon bas de pyjama et me collais devant le « Grand Journal ». Aujourd’hui, je bois un verre de vin. Parce que j’ai moins de temps et que c’est très efficace. Cela me donne l’impression d’avoir une vie après mes deux journées de travail (au bureau et à la maison).» De là à crier gare à l’alcoolisme «parental» ? Nous avons posé la question au Pr Michel Lejoyeux, professeur de psychiatrie et d’addictologie à l’université Paris VII (2). Entretien.

Michel Lejoyeux. – Oui, mais l’alcoolisme chez les adultes pâtit encore d’une sorte d’a priori et de tabou. Nous avons tendance à nous rassurer en disant que ça touche principalement les jeunes impulsifs… Or, la réalité est, bien sûr, très différente. L’alcoolisme est une maladie de la modernité : plus on est surmené professionnellement, plus on va en avoir besoin. Il y a une vraie corrélation, notamment chez les femmes, entre la journée professionnelle qui va être difficile, la soirée avec les enfants qui ne va pas être simple, et le recours, tellement facile, lui, à une molécule qui donne un coup de fouet et qui détend. Du moins en apparence…

En apparence, seulement ?
Il est vrai que le verre de vin ponctuel a un effet sédatif. Mais, dès que la consommation devient chronique, l’alcool a au contraire un effet stressant, angoissant et déprimant. Nous sommes dans le modèle type du faux-ami.

Cliquez sur « En savoir plus » pour accéder à l’article du Figaro Madame

  • Partager l'article sur

A consulter aussi


Actualité

Alcool, cannabis, conduites addictives : quelles sont les positions des candidat-e-s à la présidentielle ?

La consommation de drogues, licites et illicites, est à l’origine, chaque année en France, de près de 130.000 décès prématurés, dont 79.000 liés au tabac, 49.000 à l’alcool et 1 600 aux drogues illicites. Cette hécatombe a un coût pour la société estimé à près de 249 milliards d’euros par an, entre la prise en charge des soins, le coût de la répression, la perte de productivité ou encore la valeur des vies humaines perdues. Il est dès lors urgent d'agir !


Le 13 Jan 17
ANPAA
Article scientifique

La définition NIAAA du binge drinking plus opérante que celle de l’OMS : résultats d’une étude publiée dans DAD et soutenue par le Fond Actions-Addictions

Le binge drinking est un comportement souvent observé chez les adolescents et les jeunes adulte, et qui, de ce fait, intéresse beaucoup les médias. Mais les définitions du binge drinking sont nombreuses et elles ne coïncident pas toutes avec les images d’ivresse extrêmes que l’on voit parfois à la télévision....


Le 22 Avr 17