Prévalence du TDAH chez les patients hospitalisés pour une dépendance à l’alcool

Alcool / 5 mars 2018

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Addiction Alcool - Prévalence du TDAH chez les patients hospitalisés pour une dépendance à l’alcool

Le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) est un trouble psychiatrique neuro-développemental qui débute avant l’âge de 12 ans et qui se manifeste par un mode persistant d’inattention et/ou d’hyperactivité-impulsivité qui interfère avec le fonctionnement ou le développement. Le TDAH peut ainsi associer des symptômes d’inattention et/ou d’impulsivité-hyperactivité ayant un impact significatif sur le fonctionnement de la personne, et ce, dans plusieurs domaines de la vie quotidienne.

Si nous savons que les personnes adultes souffrant de trouble lié à l’usage de substance sont à plus grand risque (comparativement à la population générale adulte, dans laquelle la prévalence est de 2.5%) de présenter un TDAH, ces données sont disponibles pour des patients souffrant de trouble lié à l’usage de substances illicites. Les travaux portant sur l’alcool sont moins nombreux, et notamment chez les patients hospitalisés pour une dépendance à l’alcool.

Dans ce travail, ces auteurs se sont proposé d’évaluer la prévalence du TDAH dans un vaste échantillon de 415 patients hospitalisés pour une dépendance à l’alcool (équivalent allemand des « Soins de Suite et de Réadaptation en Addictologie » français).

Pour cela, ils ont utilisé l’entretien semi-structuré DIVA, qui est un des outils de référence en Europe pour le diagnostic de TDAH à l’âge adulte.

Ils ont constaté une prévalence élevée de TDAH (20.5%), et ont constaté que cela était associé à un trouble lié à l’usage de substance illicite plus sévère et à une dépendance à l’alcool plus sévère et de début plus précoce.

Si les auteurs évoquent une possible discrète surévaluation de la prévalence du TDAH du fait de l’entretien DIVA, ils soulignent ici qu’il s’agit là de la plus grande étude sur le sujet et sur cette population.

En effet, le TDAH, que l’on associe plus fréquemment aux substances illicites telles que cannabis ou cocaïne, est aussi particulièrement fréquent chez les patients dépendant à l’alcool, semble être un facteur de pronostic plus péjoratif, qu’il convient de dépister et prendre en charge précocément.

Par Paul Brunault

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