Entre 2021 et fin 2024, rien que sur la région Auvergne-Rhône-Alpes, 4051 cas liés au protoxyde d’azote ont été signalés, dont 268 graves, par les centres d’Addictovigilance de Clermont-Ferrand, Grenoble et Lyon.
Ce gaz est encore trop perçu comme “fun” et “sans risques” car il est légal, facile d’accès et ses effets passent vite (quelques secondes) ! Son usage détourné se banalise. Pourtant on constate une réelle sous-estimation par les consommateurs de ses effets délétères sur la santé mentale et physique.
Derrière les “ballons”, il y a surtout des jeunes !
Ils sont souvent en grande précarité sociale, familiale ou professionnelle. Le “proto” devient alors une échappatoire artificielle à des traumatismes ou à l’absence de perspectives. Et il y a aussi toutes celles et ceux qui le consomment dans un cadre festif pour ses effets euphorisants, sans conscience du danger, même si l’usage est ponctuel.
Que faire, concrètement, en tant que parent, éducateur ou enseignant, en termes de prévention ?
- Informer nos enfants, adolescents sur les risques : asphyxie par manque d’oxygène, perte de connaissance, brûlure par le froid du gaz expulsé, désorientation, vertiges, chutes, graves troubles neurologiques (paralysie), hématologiques, psychiatriques ou cardiaques…
- Leur faire prendre conscience qu’ils peuvent être victimes d’agressions (sexuelles et autres) car le protoxyde d’azote désinhibe.
- Ouvrir le dialogue dans les collèges, lycées, universités, soirées étudiantes : en parler, c’est déjà débanaliser.
Consulter le plus tôt possible
En cas de questionnement ou de symptômes (vertiges, étourdissements, perte de sensibilité, difficultés à marcher, malaise…), il faut consulter rapidement (addictologue et/ou neurologue), afin de limiter les séquelles.
Appeler le 15 en cas de :
-difficultés à respirer,
-douleur à la poitrine,
-perte de connaissance.
Des ressources existent :
- Filière « Protoxyde d’azote » à l’hôpital René-Muret (AP-HP) à Sevran en Seine-Saint-Denis : prise de rdv sur mon.aphp.fr, sans obligation d’adressage par un professionnel de santé.
- Consultations Jeunes Consommateurs (CJC), gratuites et confidentielles : https://www.addictaide.fr/annuaire/
- Téléconsultation aux Hospices civils de Lyon : https://www.chu-lyon.fr/teleconsultation-consommateurs-protoxyde-dazote
- Drogues Info Service : 0 800 23 13 13, appel anonyme et gratuit.
Parler du protoxyde d’azote, c’est aussi prendre soin de nos jeunes et de leur avenir !
1 Source : ARS Auvergne-Rhône-Alpes – 2025
Muriel Gutierrez
Amande épicée