Quand l’hormone de la faim pousse les patients alcoolodépendants à la rechute

Alcool / 14 juin 2018

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Addiction Alcool - Quand l’hormone de la faim pousse les patients alcoolodépendants à la rechute

La ghréline est une hormone digestive connue pour augmenter l’appétit. Elle a aussi été impliquée dans divers rôles fonctionnels dans le système nerveux central. Les interactions centrales et périphériques entre la ghréline et d’autres hormones, y compris l’hormone de réponse au stress, le cortisol, participent à des réponses comportementales complexes aux signaux externes et aux états internes (interoception). En agissant au niveau des projections dopaminergiques de la zone tegmentale ventrale et d’autres zones impliquées dans le traitement des récompenses, la ghréline peut induire une motivation générale et dirigée pour les récompenses, par exemple alimentaire. Mais cela peut aussi concerner d’autres récomepnses comme l’envie ou le besoin d’alcool et des comportements de recherche d’alcool. Les augmentations de cortisolémie induites par le stress semblent augmenter les taux de ghréline en périphérie, ce qui suggère une voie par laquelle la ghréline influence la façon dont les événements stressants de la vie déclenchent et favorisent la motivation à recherche des récompenses immédiates, qu’il s’agisse de récompenses alimentaires naturelles ou de substances psychoactives. Cependant, certains travaux ont également été réalisés suggère que des niveaux de base plus élevés de ghréline pourraient être protecteurs contre l’anxiété.

Chez les personnes en bonne santé, l’administration aiguë d’alcool semble réduire les taux de ghréline. Les individus TUAL ont, eux, une ghréline circulante plus faible, qui augmente pendant l’abstinence. Cette augmentation est associée au craving pour l’alcool et au risque de rechute.

Le système ghréline pourrait donc représenter une nouvelle cible pour le traitement du trouble de l’usage d’alcool. Toutefois des travaux supplémentaires sont nécessaires pour préciser son mécanisme d’action. Les résultats parfois discordants des différentes études actuellement disponibles sont probablement attribuables aux différences dans les populations étudiées (sujets sains, patients TUAL, rongeurs, souches spécifiques de rongeurs) ; aux différences dans les taux de cortisol périphérique ; aux différences de modalités de consommation ou d’abstinence ; et du type de ghréline étudiée (endogène ou administrée par exemple).

 

 

Nicolas Cabé

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