« Vous avez un message ! » : Acceptabilité d’une intervention par envoi de message dans la prévention de la rechute de l’usage d’opiacés

Alcool / 8 mars 2018

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Addiction Alcool - « Vous avez un message ! » : Acceptabilité d’une intervention par envoi de message dans la prévention de la rechute de l’usage d’opiacés

Les services d’urgences sont un lieu de rencontre fréquent avec les patients souffrant d’un trouble de l’usage des opiacés. Le plus souvent, il leur est proposé une orientation en consultation en service spécialisé mais le lien entre ces deux entités est parfois faible, et le nombre de patients perdus de vu important. Cela étant d’autant plus dommageable que ces patients sont particulièrement vulnérables à cette occasion et ont du mal à s’engager dans les soins.

 

Il est donc intéressant de réfléchir à des interventions ciblant cette période charnière entre le désir de soin et la prise en charge effective. La littérature évoque notamment l’utilisation d’outils utilisant la messagerie mobile (SMS) qui est devenue peu couteuse, très accessible et permet une rétroaction instantanée. Ils ont pour cela conçu une intervention interactive et automatisée appelée PIER1 ciblant la prévention de la rechute précoce chez les usagers d’opiacés après leur sortie des urgences.

 

Pour évaluer l’acceptabilité et la faisabilité de leur stratégie de prévention de la rechute par message par le programme PIER1 chez des adultes débutant une prise en charge pour un trouble de l’usage des opiacés à la suite de leur passage aux urgences, ils ont invité les patients concernés à remplir une enquête et à s’inscrire au programme par bloc de 7 jours.  Pier1 comprenait un message matinal au format “push” axé sur des penséess positive, des messages rétroactifs adaptés à l’évaluation bi-quotidiennes de la sévérité de l’état de manque, et un message en fin de journée sur l’utilisation des opioïdes au cours de la journée et sur l’engagement à atteindre les objectifs.

 

Dix-sept participants sur 20 se sont inscrits au programme. Au cours des sept premiers jours, le taux de réponse aux évaluations a été en moyenne de 30 %. Dix participants sur 17 seulement se sont réinscrits après ces 7 jours. Les principaux thèmes retrouvés lors des entretiens de suivi comportaient la facilité d’utilisation de l’outil, le lien social et l’autonomisation. Les participants auraient apprécié un soutien plus personnalisé et la capacité de communiquer par messagerie texte avec d’autres personnes au sujet de leurs difficultés.

 

Les conclusions de cette étude sont donc ambivalentes. Les personnes ont apprécié le type de soutien fourni, mais n’ont pas répondu de manière exhaustive aux évaluations quotidienne, ce qui peut limiter l’efficacité potentielle de cette stratégie. Ils proposent donc pour l’élaboration d’outils similaires futurs de limiter les contraintes liées à son utilisation en réduisant le nombre d’évaluation quotidienne par exemple ou en proposant d’adapter la fréquence individuellement. Ils ajoutent également qu’il faudrait adapter le contenu et renforcer le soutien humain pour favoriser l’engagement.

Par Julien Cabé 

 

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