Supplémenter en Choline durant la grossesse pour atténuer les conséquences d’une exposition fœtale importante à l’alcool ?

Alcool / 14 juin 2018

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Addiction Alcool - Supplémenter en Choline durant la grossesse pour atténuer les conséquences d’une exposition fœtale importante à l’alcool ?

L’équipe à l’origine de ce travail a d’abord démontré l’acceptabilité et la faisabilité d’une supplémentation en choline pour les femmes qui maintiennent des consommations massives d’alcool pendant la grossesse. Dans cette seconde étude ils présentent leurs résultats concernant l’efficacité de cette intervention pour atténuer les effets néfastes de l’exposition prénatale massive à l’alcool sur la croissance et les fonctions cognitives du nourrisson.

69 femmes enceintes ayant maintenu des consommations massives d’alcool ont été recrutées en Afrique du Sud, au milieu de la durée de la grossesse, et ont été répartis au hasard pour recevoir une dose orale quotidienne de 2 g de choline ou de placebo à partir du moment de l’inscription et jusqu’à l’accouchement. Chaque dose consistait en un paquet de poudre enveloppé individuellement qui, mélangé à de l’eau, produisait une boisson au goût sucré et à la saveur de raisin. Le critère principal de jugement était le clignement oculaire conditionné (apprentissage de l’association entre un stimulus visuel ou sonore avec le clignement des yeux provoqué par un souffle d’air léger sur la cornée), et a été évalué à 6,5 mois. La croissance a par ailleurs été mesurée à la naissance, à 6,5 et à 12 mois ; la mémoire de reconnaissance d’objet et la vitesse de traitement était aussi testée à 6,5 et 12 mois (test d’intelligence infantile de Fagan).

Les nourrissons nés de mères traitées au choline étaient plus susceptibles de satisfaire au critère de normalité pour le clignement oculaire conditionné que le groupe placebo. De plus, dans le bras choline, le degré d’adhésion de la mère au protocole de supplémentation prédisait fortement la performance à cette épreuve. Les nourrisons des deux groupes étaient petits à la naissance, mais les nourrissons traités au choline ont montré une croissance considérable avec  rattrapage et normalisation du poids et du périmètre crânien à 6,5 et 12 mois. À 12 mois, les nourrissons du groupe choline avaient des scores de préférence pour la nouveauté plus élevés, ce qui indique une meilleure mémoire de reconnaissance visuelle (ils se souviennent mieux des objets présentés préalablement et se concentrent donc sur les objets nouveaux).

Cette étude exploratoire est la première à fournir la preuve qu’une forte dose de choline administrée précocement au cours de la grossesse peut atténuer les effets néfastes d’une forte exposition prénatale à l’alcool sur le développement, la croissance postnatale et la cognition chez les nourrissons humains. Ces résultats concordent avec les études réalisées sur des animaux exposés à l’alcool qui ont démontré les effets bénéfiques de la supplémentation en choline sur le conditionnement classique, l’apprentissage et la mémoire.

 

 

Nicolas Cabé

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