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Surexposition aux écrans : des enfants accros dès la crèche

L'usage excessif des écrans concerne également les tout-petits. Une consultation hospitalière pédiatrique ouvre ses portes à des enfants de moins de 4 ans, qui déjà n’arrivent pas à quitter leurs tablettes.

Écrans
Surexposition aux écrans des enfants accros dès la crèche
Freepik

Dans une famille du Nord de la France, tous les soirs, c’est le même rituel. De retour de l’école, Giuliano, 7 ans, fait ses devoirs pendant que Miliano, 5 ans, s’installe devant ses jeux vidéo. « Ça me permet déjà qu’il soit calme, parce que s’il n’a pas ça, il courrait un petit peu partout, donc un petit peu bruyant. Je peux au moins m’occuper de Giuliano », explique Kaxandra Grondin, leur mère. Les exercices finis, Giuliano rejoint son petit frère pour jouer avec lui, et les négociations commencent.

Depuis peu, Kaxandra tente d’instaurer un cadre : une heure de console par jour maximum. Elle reconnaît avoir manqué de vigilance : « J’ai vu aussi les effets sur un enfant avec les écrans, et il y a eu beaucoup de conséquences sur Miliano. Pour dormir, c’était très compliqué aussi. Pour se lever le matin, c’était une catastrophe. Franchement, en posant ces cadres-là, même au niveau de l’école, l’apprentissage aussi, il y a eu pas mal d’avancées. »

Près de trois enfants sur dix dépasseraient les deux heures par jour devant leurs tablettes ou jeux vidéo

En France, à l’âge de 5 ans et demi, près de trois enfants sur dix dépasseraient les deux heures par jour devant leurs tablettes ou jeux vidéo. Alors, reprendre le contrôle sur l’usage des écrans des plus petits, le Dr Sylvie Dieu-Osika, pédiatre, en a fait son combat. Elle est une pionnière en France.

À l’hôpital Jean-Verdier (AP-HP) de Bondy en Seine-Saint-Denis, elle reçoit depuis 2019 des enfants de moins de quatre ans addicts au numérique. Une petite fille de 3 ans vient ici pour la troisième fois. « On était presque à 6-7 heures par jour, certains jours », confie la maman, venue chercher de l’aide face aux difficultés de sa fille à l’école. Depuis six mois, ensemble, elles ont mis en place un sevrage pour sortir de l’univers dans lequel sa fillette s’est enfermée.

« C’est souvent sur YouTube Kids qu’on va aller écouter l’alphabet ou des chiffres. Et en fait, ce n’est pas du langage, c’est de la répétition », met en garde Dr Sylvie Dieu-Osika. « Je pensais que c’était bien, que c’était une bonne chose d’apprendre l’alphabet », réagit la mère de famille. La tenue du crayon, la concentration sont tout de même des signes encourageants pour la médecin.

En savoir plus : www.franceinfo.fr.