Témoignage alcool : Nuage rose

Alcool / 30 octobre 2018

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Addiction Alcool - Témoignage alcool : Nuage rose

La journée avait démarré aux aurores par un hurlement barbare (surnommé Morning Glory dans la liste déroutante des sonneries de réveil de mon téléphone) qu’un ciel griffé de coups de peinture rose orangé avait rendu moins traumatique.

A ma montre, (je n’en porte pas, mais vous voyez ce que je veux dire), une heure que je ne consens pas à honorer de ma présence d’habitude faut pas déconner, c’est-à-dire grosso modo avant 8 h.

Durant cette journée, s’enchaînèrent pas mal de trucs irritants :

– coincée dans les embouteillages pendant 3 heures,

– attente interminable de mes collègues au bureau,

– Tombée dans les orties près d’un champ d’épinards (ne me demandez pas ce que je fais dans la vie)

– errance inutile dans un centre commercial glauque à la sortie duquel j’aperçus deux personnes avec qui je n’avais aucune envie de discuter et surtout pas de tout et de rien et encore moins de quand est-ce qu’on sort pour s’en mettre une, provoquant de ma part un virage pavlovien à 180 degrés, je revins comme une conne sur mes pas, contrainte de faire du lèche-vitrines dans l’allée principale du centre commercial bordée de magasins de fringues et d’échoppes de vins et spiritueux, (oh dis-donc qu’elle est jolie la bouteille de champagne avec son chapeau tout doré comme une guirlande de Noël, ta gueule la hyène)…

…emmerdes sans conséquence, qui, en temps ordinaire de mon passé simple et alcoolisé auraient nécessité l’intervention urgente de la ouate (voir comment j’en suis arrivée là) ou à tout le moins de sa promesse de venir à ma rescousse le soir venu pour noyer définitivement cette succession d’émotions inopportunes (ennui, colère, frustration, panique, honte, irritation, sentiment d’inadéquation chronique, ras-le-bol de se regarder en train de faire les choses, sentiment d’abandon, de solitude métaphysique, et qu’est-ce que t’as vraiment fait de ta vie espèce de ratée, tiens une bouteille de champagne, ta gueule la hyène j’ai dit, etc, cocher les cases correspondantes).

Cette journée se termina après la nuit tombée, vers 21 h et lorsque je franchis le palier de la porte et m’écroulai sur le canapé en jetant mes baskets dans la poubelle (je visais pourtant le petit placard à côté de l’entrée), et, que comme chaque soir, en partenariat avec mon hippocampe, je procédai à son visionnage (de la journée pas de l’hippocampe) accéléré dans ma tête, j’eus une révélation.

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