Le monde du travail

Une BD pour évoquer l’alcool qui tue (Le Temps)

Stéphane Louis publie le roman graphique «Mon père ce poivrot». Avec son trait semi-réaliste, il y évoque les conséquences de l’alcoolisme sur la cellule familiale

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Addiction Alcool - Une BD pour évoquer l’alcool qui tue (Le Temps)

Auteur reconnu dans le milieu de la bande dessinée de science-fiction, Stéphane Louis a aussi scénarisé Road Therapy, un roman graphique sur la bipolarité, dont il avait confié le dessin à Lionel Marty. Il revient avec Mon père ce poivrot, un album sur l’alcoolisme largement inspiré de sa vie et celle de son père, et il tenait cette fois à réaliser cet album en solo. «Le sujet était trop intime pour que je le confie. C’était même évident, je ne me suis jamais posé la question», raconte-t-il.

Les 72 pages de ce nouveau roman graphique content l’histoire de Lucien Basset, un père alcoolique qui souhaite revoir son fils Rémy et «lui sauver la vie», après des années de rupture. L’histoire tient en une seule ligne et étonne le lecteur jusqu’à la dernière page. S’il ne s’est pas directement représenté dans l’album au travers du personnage de Rémy, Stéphane Louis a bel et bien vécu cette histoire avec son père, Maurice, décédé en 2006.

Celui-ci avait été appelé Lucien Basset, par erreur, jusqu’au jour de son certificat d’études. C’est la femme du dessinateur, également coloriste de l’album, qui l’avait incité à reprendre contact avec lui quelques années avant sa disparition. «Elle m’a surtout invité à le faire afin de ne pas le regretter par la suite, précise Stéphane Louis. Cet album n’est pas une thérapie, ni une catharsis. J’ai pu régler mes problèmes avec lui de son vivant.»

Une seconde vie

Mon père ce poivrot est le résultat de trois ans de travail, mais aussi de doutes. «J’avais de nombreuses craintes avant de réaliser cet album, notamment quant aux effets qu’il aurait pu avoir sur ma famille. Mais ils m’ont fait confiance.» Le dessinateur de Tessaa travaillé de manière très précise sur le ton à donner à l’histoire, «entre hommage et fiction», pour raconter «un alcool qui tue. Je ne voulais pas parler d’alcoolisme sur un ton léger, même si le personnage est souvent drôle.»

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