Documentaire / “Wine calling“ de Bruno Sauvard

Ce documentaire, sur les écrans depuis le 17 octobre, nous envoie dans le Roussillon, où des néo-vignerons ont posé leurs bagages d’amateurs éclairés pour cultiver quelques arpents de vigne et produire un vin dit “naturel“ car débarrassé d’une chimie humaine qui n’aime pas les surprises quand il s’agit de privilégier la rentabilité.

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Addiction Alcool - Documentaire / “Wine calling“ de Bruno Sauvard

Ce documentaire, sur les écrans depuis le 17 octobre, nous envoie dans le Roussillon. Des néo-vignerons ont posé leurs bagages d’amateurs éclairés pour cultiver quelques arpents de vigne et produire un vin dit “naturel“ car débarrassé d’une chimie humaine qui n’aime pas les surprises quand il s’agit de privilégier la rentabilité. Le vin que défendent ces viticulteurs est aussi “nature“ qu’eux. Ils laissent opérer la magie de processus chimiques naturels qui transforment le raisin en vin. Bien entendu le risque de mauvaise surprise est assumé, mais quand c’est réussi, ça en vaut la chandelle proclament-ils haut et fort. Et pour ceux qui auraient la mauvaise idée de penser, de dire, ou d’écrire que le vin naturel est un vin de faignant, c’est aller un peu vite en besogne. Le vin naturel exige une attention et une surveillance de tous les instants. Quand la nature a repris ces droits, il faut tout de même la contrôler un peu pour ne pas que ça parte dans tous les sens. Alors on apprend en fabriquant, avec les expérimentations, les tentatives successives. On essaie de dompter la nature tout en lui laissant la place dont elle a besoin pour révéler tous ces mystères.

Ce documentaire engagé, mais pas propagandiste, nous raconte, loin de l’univers des chateaux, le travail, les doutes, mais aussi les plaisirs de ces vignerons passionnés qui, même s’ils vivent parfois chichement de leur métier, défendent une liberté de production loin des carcans, des conventions, des appellations dont s’enorgueillit le milieu vinicole traditionnel. Tant pis si le vin produit ne plait pas à tout le monde, et qu’il est décrié parfois, on reste intègre et on avance encore en marge même si le marché du vin naturel est prometteur.

Le casting de ce documentaire est composé d’une petite dizaine de vignerons se connaissant, s’entraidant, formant une petite communauté d’esprit et de corps solidaire, et partageant surtout la même philosophie et le même plaisir de boire aussi. Car il s’agit bien de ça : fabriquer un vin que l’on prend plaisir à boire sans gueule de bois, car une des qualités mise en avant du vin “nature“ comme ils l’appellent tous, c’est que l’on peut boire sans avoir mal à la tête, puisque qu’on s’est affranchi de tous les artifices chimiques qui ne font pas que du bien.

Avec le “nature“, on défend la personnalité des vins, loin de l’uniformisation ambiante, l’authenticité du goût, l’épicurisme, le bien boire en essayant de se faire du bien sans se faire du mal. On met en avant la santé des consommateurs en oubliant, ou du moins en mettant de côté, au risque de faire le rabat-joie, la toxicité de l’alcool, bien entendu inévitable même s’il s’agit de vin naturels. Alors bien sûr, la réduction des risques sanitaires se fait ici, comme pour tous les vins issus de l’agriculture biologique, en limitant les produits chimiques pulvérisés sur les vignes ou ajoutés au vin pour, entre autre, le stabiliser ou le conserver, mais elle ne concerne pas le versant peu reluisant du psychotrope et de sa molécule chimique naturelle, à savoir l’éthanol, loin d’être inoffensive nous le savons bien même si elle participe des satisfactions que le cerveau peut retirer de son ingestion.

Alors, la culture du goût, défendue par ses vignerons en marge, mais aussi, il ne faut pas l’oublier, par les grands fabricants de vin, dont on a le droit de douter de la sincérité, va-t-elle de pair avec une consommation qui favoriserait la qualité à la quantité, à moins que l’une soit le pendant de l’autre ? Plus difficile d’y croire quand c’est la culture du porte-monnaie qui l’emporte. Là où la passion guide les petits vignerons, ce sont les enjeux financiers qui guident les grands exploitants et leur volonté affirmée de promotion de leurs vins sous couvert de défense d’une culture vinicole française d’excellence…

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