Alcool – Comprendre l'addiction à l'alcool

L’alcoolodépendance est une maladie insidieuse qui s’installe progressivement en quelques années, plus ou moins rapidement selon les individus. Plus une personne commence tôt à boire de l’alcool, plus elle risque de développer ce trouble. La majorité des personnes en situation d’addiction à l’alcool ont commencé à boire à l’adolescence. Le plus souvent, les premières consommations se déroulent dans un contexte festif et amical. Avec le temps, l’usage d’alcool perd sa dimension plaisir pour devenir un besoin, parfois irrépressible. L’explication se situe dans le cerveau. L’éthanol, molécule présente dans les boissons alcoolisées, est en effet un psychotrope. Cela signifie qu’il agit sur le cerveau. Il altère l’état de conscience (en procurant une sensation d’ivresse) et modifie le fonctionnement de plusieurs zones du cerveau, induisant une modification de l’équilibre chimique interne. Le circuit de la récompense, impliqué dans le mécanisme de l’addiction, est particulièrement sensible à l’éthanol. Exposées de manière répétée à cette molécule, les structures cérébrales qui constituent ce circuit en viennent à dysfonctionner. Peu à peu, la personne perd le contrôle de sa consommation. Son cerveau a littéralement besoin de sa « dose » d’éthanol pour fonctionner. D’autres zones du cerveau, comme le noyau accumbens (circuit de la motivation), l’hippocampe, l’amygdale ou encore le cortex préfrontal, sont elles aussi affectées. Il en résulte un déséquilibre chimique généralisé, venant affecter la motivation de la personne, ses capacités de mémorisation, ses émotions, ses capacités de raisonnement rationnel et bien d’autres éléments de sa vie psychique. L’alcool prend une place de plus en plus importante dans la vie de la personne, tandis que les autres aspects de sa vie passent au second plan. La dépendance à l’alcool est donc une maladie chronique qui, si elle n’est pas prise en charge à temps, peut être mortelle.

Nous ne sommes pas tous égaux face au risque d’addiction, qui dépend de plusieurs facteurs de vulnérabilités. Le trouble s’installera de manière plus ou moins rapide, et sera plus ou moins sévère, en fonction des individus. De manière schématique, le processus d’installation de l’alcoolodépendance se déroule en trois phases :

  1. La première phase correspond à la période des premières expérimentations de l’alcool et de la découverte de l’ivresse. Cela se produit en général à l’adolescence, avec une éventuelle intensification des consommations au fil des années. Si la personne s’expose à des risques immédiats quand elle consomme en excès, elle ne présente pas pour autant de signes d’addiction. L’usage d’alcool n’interfère que très peu dans le quotidien de la personne. Avec un usage moins régulier et moins important d’alcool, de nombreux consommateurs ne deviendront pas dépendants. Ils s’exposent  néanmoins à différents risques pour leur santé à long terme, mais sans pour autant perdre le contrôle de leur consommation. Une partie d’entre eux, en revanche, pourra développer un trouble de l’usage.
  2. Alcool facteurs de risque
    La deuxième phase correspond à une période d’intensification de la consommation. L’alcool prend une place de plus en plus importante dans la vie de la personne, qui organise une partie de son quotidien autour de lui, avec une multiplication des occasions de consommer. Les apéros, par exemple, se font de plus en plus fréquents. Les repas s’accompagnent plus souvent de boissons alcoolisées, les sorties se multiplient. Certaines personnes commencent à boire seules. Les premiers signes de l’addiction se font sentir, avec un début de dépendance qui peut être physique (la personne ressent des symptômes de manque), psychique (la personne ne parvient plus à gérer son stress ou ses émotions sans alcool) ou encore sociale (en soirée, sous la pression du groupe et dans l’émulation de la fête, la personne perd le contrôle de sa consommation).
  3. La troisième phase correspond au développement de la maladie, qui s‘installe de manière chronique. La personne perd le contrôle de sa consommation, et développe une dépendance à l’alcool. Le produit envahit son quotidien et affecte différentes dimensions de sa vie : travail, famille, relations sociales, finances etc. Les boissons alcoolisées occupent une part importante des pensées de la personne, qui passe beaucoup de temps à organiser sa consommation (et la plupart du temps à la dissimuler à ses proches). Elle continue de boire en dépit des conséquences négatives : problèmes de santé, conflits avec son entourage, perte d’emploi etc. Sans une prise en charge globale et des traitements adaptés, la dégradation de la santé et de la vie sociale de la personne devient inéluctable.

La dépendance à l’alcool est une maladie grave, dont il est cependant tout-à-fait possible de se rétablir. Il n’est jamais trop tard pour engager un processus de soins. Une personne qui présente une dépendance sévère à l’alcool pourra, surtout si elle est bien accompagnée, se rétablir et retrouver une vie épanouie. Des traitements efficaces existent.

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