Des souris pour mieux comprendre le désert dopaminergique

Autres drogues / 5 février 2018

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Addiction Autres drogues - Des souris pour mieux comprendre le désert dopaminergique

Le système dopaminergique mésolimbique joue un rôle clé dans développement et le maintien du trouble de l’usage d’alcool. Ce serait en particulier le cas des récepteurs D2 à la dopamine. Il est connu que la fixation de la dopamine aux récepteurs D2 est diminuée chez les patients souffrant de trouble de l’usage d’alcool au niveau du striatum. Cette diminution de fixation pourrait être liée à une diminution de densité des récepteurs. Elle serait responsable d’une aggravation du craving et du risque de rechute. Cette étude suédoise analyse les effets de la consommation chronique d’alcool sur l’expression des gènes qui codent pour les récepteurs D2 chez des rats.

Ces rats ont été exposés de manière intermittente et volontaire à des consommations d’alcool, sur au moins 12 semaines. Leur striatum a ensuite été comparé à celui de rats génétiquement identiques et du même âge, mais non exposés à l’alcool. Une analyse génétique a été menée pour étudier l’expression des gènes codant pour les récepteurs D2 du striatum ainsi que la densité des récepteurs.

La consommation chronique d’alcool était associée à une diminution de l’expression des gènes codant pour les récepteurs D2, ce qui était illustré par une diminution de la production d’ARN messagers. La méthylation des gènes concernés n’était toutefois pas modifiée. La densité des récepteurs D2 (D2R) était aussi diminuée dans la forme homorécepteurs (c’est à dire l’association de deux récepteurs D2) tandis que la densité de la forme hétérorécepteur (association d’un récepteur D2 et d’un récepteur à l’adénosine) était augmentée, et que celle de l’hétérorécepteur récepteur D2R/récepteur Sigma1 était augmenté.

Cette étude permet donc de préciser la diminution déjà bien connue de la densité de récepteurs D2 au niveau du striatum dans le trouble de l’usage d’alcool. Cette diminution semble surtout concerner les homorécepteurs D2R/D2R, par le biais d’une diminution de l’expression du gène qui code pour ce récepteur. L’augmentation de la densité des hétérorécepteurs D2R/Adénosine et D2R/sigma1 serait responsable d’une diminution de l’affinité globale des récepteurs pour la dopamine et donc de cette voie de neurotransmission. Ces résultats semblent confirmer les hypothèses d’hypodopaminergie chez l’homme dans le cadre des consommations chroniques d’alcool. Les hétérorecepteurs, et notamment D2R/adénosine pourraient constituer une cible thérapeutique potentielle.

 

Par Nicolas Cabé

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