Quelles sont les personnes les plus à risque d’un usage excessif des écrans ?
Le risque lié à un usage excessif des écrans résulte d’une rencontre entre une personne (qui possède sa propre expérience de vie et ses propres vulnérabilités), son environnement (famille, école, travail, ressources) et un objet (ici, l’écran et/ou les activités qui y sont pratiquées). Ces différents facteurs de risque peuvent être plus ou moins cumulés.
Les populations les plus vulnérables :
- Les jeunes enfants (0-6 ans), en raison d’un cerveau en plein développement, caractérisé par une forte sensibilité aux stimulations visuelles et sonores et aux routines, combinée à une difficulté à s’autoréguler (besoin d’un cadre externe : adultes, rituels et limites).
Le risque est d’autant plus présent si les écrans remplacent le jeu libre, le sommeil ou les interactions.
- Les enfants d’âge scolaire et pré-adolescents (6-11 ans), en raison d’un apprentissage des règles d’usage encore fragile, d’une attirance pour les récompenses immédiates et de la persistance d’une difficulté à s’arrêter sans aide extérieure.
Le risque est d’autant plus accru que l’influence des pairs et des publicités ou algorithmes est particulièrement importante à cet âge.
- Les adolescents (12-17 ans), en raison d’une recherche d’identité, de liens sociaux et de sensations, ainsi que d’une exposition plus forte aux réseaux sociaux, aux jeux en ligne ou aux contenus « sans fin ».
Le risque est d’autant plus fort que les adolescents sont très sensibles à la pression sociale (peur de manquer une information, un événement ou une interaction sociale, besoin de reconnaissance avec les likes…), et ont déjà un sommeil décalé (décalage qui s’accentue sous l’effet des écrans).
- Les adultes en situation de fragilité psychologique ou émotionnelle, liée à un trouble mental (trouble de déficit d’attention et/ou hyperactivité, trouble du spectre de l’autisme, dépression…) ou plus largement à des difficultés de régulation émotionnelle, pour lesquels l’écran peut servir à réguler rapidement un stress, une anxiété, une humeur dépressive ou un sentiment de solitude, en procurant une distraction ou une forme de réconfort.
Le risque est lié à la motivation d’automédication, qu’on pourrait appeler l’automédication numérique, c’est-à-dire l’usage des écrans pour soulager des sentiments négatifs. Ce réconfort est en général de courte durée, et pousse la personne à répéter le comportement, ce qui entretient l’usage excessif.
- Les personnes en situation de vulnérabilité sociale (précarité, isolement, charge mentale élevée, horaires décalés), car elles ont le plus souvent moins d’accès à des alternatives aux écrans, comme d’autres loisirs ou des lieux de socialisation.
L’usage des écrans est alors une réponse « tout-en-un » à une multitude de besoins : information, divertissement, lien social, démarches…
Bien entendu, ces facteurs de risque (liés à l’âge, à une fragilité psychologique ou à une vulnérabilité sociale) peuvent se cumuler entre eux, rendant chaque situation unique.
La présence de ces facteurs de risque n’implique pas d’excès systématique, mais souligne un besoin de vigilance et d’accompagnement adaptés.
Par ailleurs, des évènements extérieurs, comme des évènements de vie négatifs (deuil, séparation, harcèlement, échec scolaire/professionnel) ou un cadre insuffisant avec un manque de repères à la maison ou au travail (pas d’horaires, pas d’espaces sans écran, accès illimité et non accompagné) peuvent également favoriser un recours accru aux écrans comme moyen de compensation ou d’échappatoire. Ainsi, plus les facteurs individuels, environnementaux et contextuels se cumulent, plus le risque d’usage excessif augmente.
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