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"Je bois beaucoup moins" : pourquoi les jeunes tournent le dos à l’alcool

Moins présent dans les verres, mais pas totalement absent des soirées : les jeunes générations transforment leur rapport à l’alcool. Entre quête de bien-être, évolution des normes sociales et essor des alternatives, les habitudes changent en profondeur.

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Je bois beaucoup moins pourquoi les jeunes tournent le dos à l'alcool
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« Je n’ai pas arrêté, mais je bois beaucoup moins. Depuis le début de l’année, j’ai à peine bu six verres. »

À 30 ans, Anaïs fait partie de ces Français qui revoient leur rapport à l’alcool. Après un Dry January prolongé en février, elle a changé ses habitudes : « La semaine, je ne bois plus. Je bois seulement pour des événements festifs, comme les anniversaires, mais ça reste exceptionnel »

Comme elle, ils sont de plus en plus nombreux à réduire leur consommation, parfois inspirés par leur entourage. « Mon copain a arrêté définitivement depuis octobre, il est sportif et ça le fatiguait. Ça m’a inspirée. »

Une génération qui boit moins ?

Les chiffres confirment une tendance de fond : les jeunes consomment moins d’alcool qu’auparavant. Selon les dernières données de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), la part de collégiens ayant déjà bu de l’alcool a fortement reculé ces dernières années, passant de 60 % en 2018 à 43,4 % en 2022.

Même constat chez les lycéens : l’expérimentation de l’alcool est passée de 85 % à 68,3 % sur la même période.

Une évolution qui s’inscrit dans la durée. « On a cette tendance depuis dix ans de baisse de consommation de toutes les drogues chez les jeunes, surtout le tabac, l’alcool et le cannabis », analyse Ivana Obradovic, directrice adjointe de l’OFDT.

Avant de poursuivre : « Au début des années 2000, 95 % des jeunes de 17 ans avaient déjà expérimenté l’alcool. Aujourd’hui, ils sont environ 80 %. Cela veut dire que 20 % n’y ont jamais goûté ».

Un changement de regard sur l’alcool

Pour l’experte, cette baisse s’explique notamment par une transformation des mentalités. « Dans les nouvelles générations, l’alcool est plus souvent perçu comme potentiellement nocif, lié aux violences routières ou sexuelles, et il est associé moins systématiquement à l’idée de convivialité ».

Les habitudes sociales évoluent également : « Les jeunes sortent moins dans les bars, passent plus de temps sur les réseaux sociaux. Les occasions de consommer se raréfient. »

Autre facteur marquant : le rapport à la maîtrise de soi. « Il y a un vrai rejet de l’idée de dépendance. Les jeunes revendiquent davantage le contrôle d’eux-mêmes. »

En savoir plus : www.france3-regions.fr.