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La dépendance aux stéroïdes androgènes anabolisants est associée à une altération de la reconnaissance des émotions.

Les stéroïdes androgènes anabolisants (SAA) sont des dérivés synthétiques de la testostérone, fréquemment utilisés pour améliorer les performances et augmenter la masse musculaire. Leur usage illicite est devenu un important problème de santé publique dans le monde occidental. En effet, l'usage des SAA est associé à des conséquences médicales, psychologiques et sociales délétères. Environ 30 % des usagers développent une…

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Addiction Autres drogues - La dépendance aux stéroïdes androgènes anabolisants est associée à une altération de la reconnaissance des émotions.

Les stéroïdes androgènes anabolisants (SAA) sont des dérivés synthétiques de la testostérone, fréquemment utilisés pour améliorer les performances et augmenter la masse musculaire. Leur usage illicite est devenu un important problème de santé publique dans le monde occidental. En effet, l’usage des SAA est associé à des conséquences médicales, psychologiques et sociales délétères. Environ 30 % des usagers développent une dépendance, associée à une fréquence élevée de problèmes intra et interpersonnels. Il apparaît ainsi essentiel de déterminer les facteurs associés à l’apparition et au maintien de la dépendance.

Dans ce contexte, des chercheurs se sont plus spécifiquement intéressés à la capacité à reconnaître des émotions à partir de mouvements. La tâche de la gestualité émotionnelle a ainsi été réalisée chez des usagers dépendants aux SAA (N=45), chez des sujets usagers de SAA mais ne présentant pas de dépendance (N=38) et chez des sujets témoins haltérophiles non usagers de SAA (n=69).

Les auteurs ont montré une diminution générale de la reconnaissance des émotions chez les sujets dépendants aux SAA par rapport aux haltérophiles non usagers, alors qu’aucune altération significative n’a été observée chez les sujets usagers, mais non dépendants aux SAA. De plus, les sujets dépendants aux SAA ont montré une altération de la reconnaissance des stimuli liés à la peur par rapport aux usagers non dépendants et aux haltérophiles non usagers. L’effet entre les groupes est demeuré significatif après prise en compte du quotient intellectuel, de la consommation de substances (non liées aux SAA) au cours des six derniers mois, d’une éventuelle personnalité antisociale, de l’anxiété et de la dépression.

Ainsi, les sujets dépendants aux SAA présentent des troubles de la reconnaissance des émotions liés aux mouvements corporels, en particulier la peur, ce qui pourrait contribuer à augmenter la fréquence des problèmes interpersonnels et des comportements antisociaux dans cette population. La complexité des symptômes qui accompagnent la dépendance aux SAA  est importante à considérer sur le plan clinique, où une approche interdisciplinaire est nécessaire afin d’offrir un traitement optimal. Cette étude permet de donner un aperçu des effets psychosociaux de l’usage à long terme et de la dépendance aux SAA, en particulier en ce qui concerne le traitement des émotions, sur lesquels les recherches futures pourront s’appuyer.

Par Louise Carton

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