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La mirtazapine, une nouvelle piste thérapeutique dans le sevrage cocaïne ? Une étude chez le rat dans Journal of Psychopharmacology

La mirtazapine,  un médicament tétracyclique possédant des propriétés sérotoninergiques et noradrénergiques, est utilisée principalement pour traiter la dépression et, parfois l'anxiété, même si son AMM en France reste limitée à l’épisode dépressif caractérisé.

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L’anxiété et la dépression, symptômes clés du syndrome de sevrage de la cocaïne chez les sujets dépendants, sont considérés comme les principaux facteurs précipitant la rechute dans ce trouble d’usage. Des études précliniques ont montré que les rongeurs présentaient une augmentation de l’anxiété et un comportement dépressif lors des différentes périodes de sevrage. La mirtazapine,  un médicament tétracyclique possédant des propriétés sérotoninergiques et noradrénergiques, est utilisée principalement pour traiter la dépression et, parfois l’anxiété, même si son AMM en France reste limitée à l’épisode dépressif caractérisé. Elle a également montré un intérêt dans la réduction de symptômes de sevrage chez des patients présentant un trouble d’usage de substance. Dans ce contexte, des chercheurs ont souhaité déterminer si l’administration chronique de mirtazapine pendant le sevrage de cocaïne réduisait les comportements de dépression et d’anxiété chez les animaux.

Des rats de souche Wistar rendus dépendants à la cocaïne ont été soumis à une période de sevrage de 60 jours au cours de laquelle des comportements similaires à de la dépression et à  de l’anxiété ont été évalués à l’aide d’une batterie de tests comportementaux. Les tests utilisés étaient l’open field (test analysant le comportement exploratoire du rongeur dans un espace clos), le labyrinthe en croix surélevé (test évaluant l’anxiété, le rongeur ayant une envie naturelle d’aller explorer, mais en même temps une peur des espaces ouverts),  le test de la boîte noire et blanche (évaluant l’anxiété), le test de la nage forcée (évaluant la résignation, composante de l’humeur dépressive), ainsi qu’une évaluation de l’activité locomotrice spontanée.

Les chercheurs ont retrouvé que l’administration chronique de différentes doses de mirtazapine (30 et 60 mg/kg) diminuait les comportements de dépression et d’anxiété induits par différentes doses de cocaïne (10, 20 et 40 mg/kg) pendant le sevrage de 60 jours. Ces résultats suggèrent que l’effet pharmacologique de la mirtazapine sur ses cibles d’action (α2-adrénergiques et récepteurs 5-HT2A et 5-HT3) dans le cerveau pourrait améliorer les comportements de dépression et d’anxiété pendant une période prolongée. Ainsi, l’utilisation de la mirtazapine pourrait se révéler potentiellement efficace pour réduire l’anxiété et les comportements dépressifs pendant le sevrage de la cocaïne. Quid chez l’homme ? Affaire à suivre…

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