Le parfum des e-liquides, pas si anodin ?

Tabac / 14 juin 2018

Tabac
Addiction Tabac - Le parfum des e-liquides, pas si anodin ?

L’objectif principal de cette étude pilote était de décrire l’impact des arômes des e-liquides des e-cigarettes sur le comportement de vapotage des utilisateurs d’e-cigarettes expérimentés.

11 hommes et 3 femmes ont participé cette une étude croisée de 3 jours en milieu hospitalier utilisant des e-cigarettes avec des e-liquides parfumés à la fraise, au tabac ou leur marque habituelle d’e-liquide. Les niveaux de nicotine étaient nominalement de 18 mg/mL dans les liquides électroniques parfumés à la fraise et au tabac, et se situaient entre 3 et 18 mg/mL pour les marques habituelles. Chaque jour, les participants ont eu accès à la cigarette électronique proposée dans l’étude (KangerTech mini ProTank 3, 1,5 Ohms, 3,7 V) et au e-liquide assigné pendant une session de 90 minutes enregistrée sur bande vidéo (utilisation du e-liquide ad libitum sur le temps de la session).

La durée moyenne de la bouffée était significativement plus longue lorsqu’on utilisait le liquide électronique parfumé à la  fraise (3,2s ± 1,3s) comparativement au liquide électronique parfumé au tabac (2,8s ± 1,1s), mais le nombre moyen de bouffées n’était pas significativement différent (fraise, 73 ± 35 ; tabac, 69 ± 46). Comparativement aux liquides électroniques fraise et tabac, la durée moyenne des bouffées était significativement plus longue (4,3s ± 1,6s) et le nombre moyen de bouffées était significativement plus élevé (106 ± 67 bouffées) lorsque les participants utilisaient leur marque habituelle de liquide électronique. Les participants ont généralement inhalé plus fréquemment en petits groupes de bouffées (1-5 bouffées) avec la fraise par rapport e-liquide parfumé au tabac, et plus fréquemment en grandes séries de bouffées (> 10 bouffées) avec leur marque habituelle.

La force de la relation entre les modalités de vapotage et l’apport et l’exposition à la nicotine n’était pas uniforme pour tous les e-liquides.

Le comportement de vapotage est donc modifié par les e-liquides utilisé, ce qui influence l’apport en nicotine (inhalation puis fréquentes, longues, rapprochées, etc). Les auteurs suggèrent que des  recherches soient menée pour mieux comprendre les mécanismes qui sous-tendent ces changements de comportement, y compris par exemple le pH du liquide électronique ou les effets sensoriels connexes, ainsi que l’appréciation subjective des usagers et les effets de la nicotine.

 

Nicolas Cabé

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