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Les assoiffés, un récit-essai de Camille Charvet

Editions Grasset, janvier 2026.

Toutes les addictions

Les assoiffés un récit essai de Camille CharvetDans un Centre de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie du XIXème arrondissement de Paris, Camille Charvet, médecin addictologue, reçoit et accompagne une patientèle qui va « de l’alcoolique mondain cocaïnomane à l’adepte compulsif de pornographie, en passant par le fumeur de crack du quartier de Stalingrad », nous dit-elle.

Tout ce petit monde, pas nécessairement à la marge, fruit d’une société “addictogène“ qui les assoiffe en leur créant des besoins toujours croissants, cherche auprès d’elle aussi bien une écoute que du réconfort, des réponses au pourquoi, et des solutions à leur trouble… La docteure les accompagne dans leurs questionnements, qui sont aussi les siens, et dans leur besoin d’aller mieux. Elle tente de les guider vers une sortie des troubles de l’usage, ce qui ne signifie pas nécessairement l’abstinence. Modestement, elle révèle et cultive leur pouvoir d’agir en mobilisant leurs ressources internes et externes. Camille ne fera pas de miracle, malheureusement.

Elle ne peut que fouiller dans sa boite à outils, en associant à sa quête ses patient.e.s, et chercher des alternatives, des perspectives, des clés de compréhension, voire quelques médicaments, qui permettront d’entrevoir un mieux, un beaucoup mieux, ou éventuellement un “remède“, si tant est que ce soit le mot qui convienne, à une souffrance vécue et exprimée d’un trouble de l’usage…

Dans cet ouvrage en forme de récit d’expérience, l’autrice nous raconte des parcours de vie et d’usage, nous explique comment l’addiction peut se mettre en place, et nous expose ses propres questionnements, ses impressions et sensations en se mettant à hauteur des personnes consommatrices pour que chacun.e d’entre nous puisse les comprendre et entrer en empathie avec elles.

Car après tout, il n’y a rien d’incompréhensible à ce qu’une succession de déclencheurs emballe ce que l’on peut appeler le cycle de l’addiction. Attention, le cerveau, et son circuit de la récompense, ne font pas tout dans l’affaire. Il faut s’intéresser au profil de chacun.e, à son parcours de vie, à sa façon d’appréhender le plaisir ou la souffrance, et à ces raisons, très personnelles, qui font qu’elles s’accrochent au besoin de renouveler et d’accentuer ses expériences d’usage quoiqu’il en coûte.

C’est là qu’un chemin d’identification se dessine… Si les produits « viennent soulager, panser et anesthésier, alors l’addiction pourrait peut-être se comprendre comme un véritable médicament. », nous suggère Camille Charvet. A approfondir !…

Thibault de Vivies,
DopamineCity.fr