Aller au contenu principal

Les risques potentiels du binge drinking sur la santé des jeunes étudiants

Alcool
Les risques potentiels du binge drinking sur la santé des jeunes étudiants
Crédit photo : Magnific

Chez les jeunes adultes, le binge drinking (consommation de plus de six verres consécutifs) devient une préoccupation croissante de santé publique. En effet, en Europe, un adulte sur cinq le pratique au moins une fois par mois.

Dans une nouvelle étude, des scientifiques de l’Inserm, de l’Université Paris Cité et du GHU Paris Sainte-Anne ont recueilli les témoignages de 3 308 étudiants, et ont pu montrer que la fréquence, même rare, du binge drinking (moins d’une fois par mois) est associée à plus de problèmes de type « trouble de l’usage d’alcool » (alcoolisme). De plus, même à faible fréquence, le binge drinking apparaissait associé à des taux plus élevés de tabagisme, de recherche de sensations fortes ainsi que d’une recherche accrue d’approbation sociale. Les résultats sont parus dans la revue Journal of Addictive Disorders.

Le binge drinking désigne une consommation excessive d’alcool sur une courte période. En France, il est défini comme la consommation de six verres ou plus au cours d’une même occasion, chaque verre contenant 10 g d’alcool pur.

Le cerveau étant encore en développement chez les jeunes adultes (18-25 ans), il est plus sensible aux effets nuisibles de l’alcool. Chez cette population, le binge drinking est donc susceptible d’entraîner des conséquences cognitives et comportementales à long terme.

Une équipe de l’Inserm, dirigée par le professeur Philip Gorwood, psychiatre addictologue au GHU Paris Sainte-Anne et chercheur à l’Institut de psychiatrie et neurosciences de Paris (Inserm/Université Paris Cité), a cherché à savoir si même à faible fréquence (moins d’une fois par mois) le binge drinking pouvait être associé à une probabilité plus élevée de symptômes de l’alcoolisme (également appelé « trouble de l’usage d’alcool ») et/ou à certains profils socio-psychologiques (le genre, le lieu de vie, la consommation d’autres substances…).

Les scientifiques ont pour cela utilisé un questionnaire permettant d’identifier les troubles d’usage de l’alcool, disponible en ligne pendant cinq semaines et relayé par mail à des étudiants de Paris et de sa banlieue. Ils se sont principalement intéressés à la question : « À quelle fréquence buvez-vous six verres ou plus au cours d’une même occasion ? ».

Afin d’analyser les données des plus de 3300 réponses recueillies, l’équipe a réparti les étudiants en quatre groupes : les « non-binge drinkers » (ceux qui ont répondu « jamais »), les « binge drinkers à faible fréquence » (au moins une fois dans la vie mais moins d’une fois par mois), les « binge drinkers à moyenne fréquence » (au moins une fois par mois mais moins d’une fois par semaine) et les « binge drinkers à haute fréquence » (au moins une fois par semaine).

La catégorie « faible fréquence » regroupait le plus grand nombre de répondants, avec 1 204 réponses (soit plus d’un tiers), permettant une analyse particulièrement significative. Les études se sont concentrées sur les consommateurs d’alcool – binge drinkers ou non – en excluant les abstinents, afin de bien analyser les modalités de consommation, et non la simple exposition à l’alcool.

En savoir plus : www.presse.inserm.fr.