Modifier les tendances automatiques d’approche de l’alcool chez les patients souffrant de troubles cognitifs modérés à sévères

Alcool / 9 janvier 2018

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Addiction Alcool - Modifier les tendances automatiques d’approche de l’alcool chez les patients souffrant de troubles cognitifs modérés à sévères

La présence de troubles cognitifs liés à une consommation chronique et excessive d’alcool aggrave le risque de rechute des consommations, et réduit le bénéfice que les patients tirent des prises en charge proposées. Les stratégies thérapeutiques s’appuient souvent sur des capacités cognitives altérées comme les fonctions exécutives ou la mémoire épisodique. Dans cette population de patient souffrant de troubles cognitifs modérés à sévères, des interventions qui s’appuieraient sur des fonctions préservées comme la mémoire implicite et procédurale pourraient être prometteuse. Les auteurs ont donc étudié l’effet d’un programme d’entrainement à des stratégies d’approche de type évitement de l’alcool. Le programme AAT (Alcohol approach-Avoidancere-training) consiste à présenter aux sujets des images de boissons alcoolisées sur ordinateur, et de boissons non alcoolisées. A l’aide d’un joystick, les sujets doivent éloigner ou rapprocher d’eux l’image. Lorsque l’image tourne légèrement vers la gauche les patients doivent rapprocher l’image d’eux, et inversement quand l’image tourne vers la droite. Lors des sessions d’exercice, les patients sont amenés à repousser une centaine d’images d’alcool et à rapprocher d’eux une centaine d’images de boissons non alcoolisées.

Ce programme a été proposé à des patients souffrant de troubles cognitifs modérés induits par l’alcool (51 patients), et à des patients souffrant d’un syndrome de Korsakoff (54 patients). Chacun des groupes a bénéficié de 6 séances d’entrainement tandis que des variables neuropsychologiques étaient mesurées.

L’étude montre que ce type d’entrainement est réalisable dans cette population de patient spécifique. Le biais d’approche en faveur de l’alcool a significativement diminué dans les deux groupes après chaque session d’entrainement. Les résultats étaient meilleurs chez les patients qui présentaient les biais d’approche les plus importants au début du programme. Les capacités d’apprentissage étaient corrélées à l’âge et au niveau de fonctionnement de la mémoire implicite. Il n’y avait pas de relation entre les capacités d’apprentissage et le fonctionnement exécutif ou de la mémoire épisodique.

Cette étude permet de souligner l’existence d’outils thérapeutiques utilisables et efficaces dans une population de patients souffrant de troubles cognitifs modérés à sévères qui sont parfois en clinique exclus des programmes existants du fait de leurs difficultés.

 

 

 

Par Nicolas Cabé

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