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ALCOOL / La santé doit parler plus fort que les lobbys

Ne plus penser en termes de «limites», mais en «repères de consommation à faible risque». Voici la nouvelle vision du «discours public en matière de consommation d’alcool», proposée par 8 experts en épidémiologie, addictologie et éducation pour la santé. Ils considèrent que le discours public sur l’alcool doit être modifié pour protéger efficacement la population, car il n’est plus en phase ni avec les données scientifiques les plus récentes, ni avec l’évolution des capacités de communication des lobbys pro-alcool.

Le risque des consommations modérées

Les auteurs insistent sur le fait que l’abus d’alcool n’est pas le seul mode de consommation dangereux pour la santé, mais qu’une consommation faible et journalière contribue aussi à faire augmenter les taux de morbidité et de mortalité à court et long termes. Ces résultats devraient donc amener les pouvoirs publics à revoir les recommandations. «Comme dans les autres pays, les experts préconisent des nouveaux repères à la baisse, en particulier en raison du risque de cancer qui avait été négligé dans les recommandations initiales», précise le rapport.

Il est conseillé de ne pas consommer plus de 2 verres par jour (et pas plus de 10 verres par semaine) et d’inclure deux jours exempts de toute prise de boisson alcoolisée. Les experts préconisent également de réduire tant que possible sa consommation et d’alterner avec de l’eau au cours d’un repas. L’alcool est évidemment à proscrire chez les jeunes et les adolescents, les femmes enceintes, allaitantes ou souhaitant concevoir un enfant, ainsi que dans le cas de prise de certains traitements médicamenteux ou pathologies (les boissons alcoolisées pouvant provoquer des effets secondaires et complications plurielles), la pratique d’activités à risque (notamment certains sports comme les courses automobiles, l’escalade, plongée sous-marine) et bien évidement la conduite automobile. «On autorise une alcoolémie à 0,5g/l ou à 0,2g/l pour les détenteurs d’un permis de conduire de deux ans, alors qu’il existe un sur-risque entre 0 et 0,5g/l», alertent les experts.

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