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DROGUES / La scène chemsex de Londres vue de l’intérieur

L’an dernier, deux procès ont mis en lumière le côté obscur de la scène chemsex londonienne : celui de Stephen Port, condamné pour le viol et le meurtre de quatre jeunes hommes dans l’est de Londres, et celui de Stefano Brizzi, condamné pour avoir partiellement mangé le cadavre d’un policier de la ville avant de le dissoudre dans de l’acide.

Les deux tueurs ont utilisé le chemsex – des soirées gays, souvent organisées via des applications de rencontres, où le sexe est associé à la prise de méphédrone, de GHB et de crystal meth – comme une justification à leurs meurtres sordides. Alors que le chemsex revenait constamment sur le tapis pendant ces affaires judiciaires, cette sous-culture de niche a été stigmatisée comme un milieu macabre et pervers.

Mais que sait-on vraiment de ce monde caché qui inspire une fascination aussi lugubre ? Au-delà des cas extrêmes de Port et Brizzi, il est indéniable que cette pratique est risquée, dans le sens où elle implique des injections de drogue, des overdoses, des rapports non-protégés et un fort potentiel de dépendance. Londres connaît une hausse des infections par VIH et des overdoses de méphédrone et de GHB/GBL liées au chemsex. C’est un paysage peuplé de « crystal méthodistes », d’économistes de la BBC, de producteurs de radio et d’anciennes stars du rugby.

Cette pratique a fait l’objet de nombreuses enquêtes journalistiques – dont notre documentaire Chemsex – et d’articles de spécialistes de la communauté LGBT tels que celui-ci. Pourtant, mis à part une étude de 2015 qui révélait que les services antidrogue étaient mal équipés pour gérer les victimes du chemsex, les recherches universitaires sur le sujet manquaient cruellement. Jusqu’à maintenant.

Christine Schierano, criminologue à l’université de Liverpool John Moores, observe l’évolution de la scène chemsex londonienne depuis 2011. Elle s’est notamment intéressée à ses conséquences sanitaires et à la manière dont les drogues sont fournies. Sur fond de consommation de drogue et de sexe, à ciel ouvert ou à porte close, elle a rencontré et interviewé une pléthore de dealers et de participants au cours des six dernières années. Elle a été submergée à certains moments : pendant un an, elle a passé près d’un tiers de son temps dans des soirées liées à la scène chemsex

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