TABAC / En novembre dans Nicotine & Tobacco Research

Tabac / 15 novembre 2016

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Addiction Tabac - TABAC / En novembre dans Nicotine & Tobacco Research

Les « fumeurs de soirée » se sentent-ils fumeurs?

tabacDepuis 30 ans, la prévalence de l’usage de tabac a nettement diminué. Plus encore, le paysage des fumeurs de tabac a beaucoup évolué. Aujourd’hui, on observe une population importante de fumeurs occasionnels ou faibles, qui n’existaient pas à l’époque où le tabac était davantage valorisé socialement et moins cher. Ces fumeurs, les fumeurs de soirées, ceux que les anglo-saxons appellent parfois les LITS (Light or Intermittent Tobacco Smokers), ont un rapport particulier au tabac. En particulier, certains ne se considèrent pas comme fumeurs, parce qu’ils ne sont pas dépendants. Pourtant, les études des dix dernières années ont montré que les LITS ont certains risques qui se rapprochent plus des dépendants que des non-fumeurs ou des anciens fumeurs. C’est notamment le cas pour le risque de cancers. Comment agir avec cette population ?

Dans une étude réalisée à partir des données d’une enquête plus large, Kingsbury et al., (Services de Santé du Minnesota, Etats-Unis), ont comparé, parmi 242 fumeurs occasionnels, ceux qui se percevaient comme fumeurs et ceux que ne se reconnaissaient pas dans cette appellation. Ils ont notamment montré que les LITS ne se percevant pas comme fumeurs étaient beaucoup moins concernés par les risques liés au tabac ou encore par le prix des cigarettes. Les auteurs concluent que cette population des messages de prévention spécifiques devraient être développées spécifiquement pour cette population de fumeurs « fêtards » qui ne se reconnaissent pas comme fumeurs, et ne se sentent donc pas concernés par les risques liés à l’usage de tabac.

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Perception de sa silhouette et usages de tabac chez les adolescents

tabac2Ce n’est pas un secret, la plupart des fumeurs ont commencé à fumer à l’adolescence. A cette période de la vie, le rapport au poids est particulièrement sensible, en particulier pour les filles.

Dans cette étude, les chercheurs Jangho Yoon et Stephanie Bernell (Université de l’Oregon, Etats-Unis) ont utilisé les données d’une très grande enquête américaine appelée la Youth Risk Behavior Survey, menée chez plus de 70 000 sujets. Ils ont cherché à évaluer dans quelle mesure la perception de son propre poids était liée au statut fumeur chez les adolescents.

Les auteurs retrouve que l’usage tabac, et la fréquence de cet usage, sont nettement plus importants chez les adolescents se trouvant en léger ou important surpoids. Bien que cette association puisse révéler un stress plus important chez ces adolescents (ce que l’étude n’évalue pas), les auteurs concluent également que les programmes d’aide à l’arrêt du tabac chez les adolescents devraient systématiquement évaluer la perception pondérale que les adolescents ont d’eux-mêmes, car ce facteur pourrait être un frein aux tentatives d’arrêt ou bien être un facteur de reprise précoce du tabac en cas de prise de poids non-anticipée.

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Les couples fumeurs ont plus de mal à faire des enfants

tabac3Dans cette étude de cohorte menée chez plus de 500 couples américains qui venaient d’arrêter leur moyen de contraception en raison d’un désir d’enfant, les auteurs ont montré que le fait de fumer chez l’un des deux parents triplait quasiment le temps entre l’arrêt de la contraception et la survenue de la grossesse. Ce constat n’était pas retrouvé pour les formes non-fumées de tabac (aux Etats-Unis, le tabac se chique également).

Les auteurs font l’hypothèse que cela est du au Cadmium présent dans la fumée de tabac. Le Cadmium est en effet beaucoup moins présent dans le tabac mâché. Ce résultat devrait être communiqué aux couples en désir d’enfant et qui n’arrivent pas à arrêter de fumer.

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De la progestérone pour réduire la reprise de tabac en post-partum ?

tabac4Comme les réflexions sur l’article précédent l’évoquaient, le désir d’enfant est devenu un facteur motivationnel important pour l’arrêt du tabac chez les femmes et leur partenaire. Les effets toxiques du tabac sur le fœtus ont semble-t-il été intégrés par de nombreuses femmes, qui arrêtent de fumer juste avant leur grossesse, ou lorsqu’elles apprennent qu’elles sont enceintes. L’un des enjeux est alors de favoriser le maintien de l’arrêt de tabac en post-partum.

Sharon Allen et ses collègues (Université du Minnesota, Etats-Unis) publient ici les résultats d’un essai clinique dit « proof-of-concept » dans lequel ils ont comparé en double aveugle et contre placébo l’administration de progestérone 200 mg/j pendant 12 semaines. L’essai a porté sur 46 femmes. Les auteurs ont comparé le taux d’abstinence à 12 semaines, ainsi que des critères de faisabilité (présence aux entretien, acceptabilité du mode recueil de données,…). L’hypothèse des auteurs était que la reprise de tabac en post-partum pourrait être favorisée chez certaines femmes par la brutale rééquilibration hormonale qui suit l’accouchement.

Le taux d’abstinence à 12 semaines était de 75% dans le groupe progestérone, contre 68% dans le groupe placébo (p=0.75). Cette différence est donc loin d’être significative, mais elle permet d’envisager un essai clinique de beaucoup plus grande ampleur dans les années à venir.

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