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Que se passerait-il si toutes les drogues étaient légalisées en France ?

En mars dernier, l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) publiait un rapport annuel dans lequel il s’inquiétait de la légalisation du cannabis et l’apparition de nouvelles drogues. Pendant ce temps-là, certains estiment que la survenue de celles-ci est la conséquence logique d’ une guerre contre la drogue futile à laquelle il faut désormais mettre un terme. Ce ne sont pas les arguments qui manquent : la simple légalisation du cannabis pourrait rapporter 2 milliards d’euros par an à l’État. Ainsi, le meilleur moyen de lutter contre le marché clandestin de la drogue, et l’apparition de nouvelles drogues qui cherchent à contourner le système pourrait être le contrôle de celles-ci.

Personnellement, j’ai toujours vu les types qui luttaient pour la légalisation des drogues comme des mecs qui ont forgé leur conscience politique dans un grinder, près d’un stand de la fête de l’Huma ou en écoutant Ska-P. Mais aujourd’hui, le problème est devenu sociétal – un sujet que l’on peut s’approprier à droite comme à gauche, même si en France, le débat reste très fermé. À part EELV, personne ne semble en faveur de la légalisation des drogues – douces, tout du moins. Cette année, le sujet a été timidement abordé au Sénat pour la première fois, synonyme d’une ouverture d’esprit sur la question. Pour en savoir un peu plus, on a demandé à Renaud Colson, maître de conférences en sciences criminelles à l’Université de Nantes, ce qu’il se passerait si les drogues étaient légalisées en France.

VICE : Pour commencer, pouvez-vous nous expliquer la différence entre la dépénalisation des drogues et leur légalisation ?
Renaud Colson : Ces deux termes désignent une transformation du régime d’interdiction générale et absolue applicable à un certain nombre de produits psychotropes (cannabis, cocaïne, héroïne, LSD-25…). Aujourd’hui, l’usage, la possession, le commerce et la production de ces stupéfiants sont passibles de lourdes sanctions répressives. Dans l’hypothèse d’une dépénalisation, on procède à un assouplissement de ces peines pouvant aller jusqu’à leur suppression pure et simple. En général, la dépénalisation concerne uniquement l’infraction d’usage de drogues et ne s’applique ni à la production ni au trafic. La légalisation relève, elle, d’une logique très différente. Elle implique la reconnaissance des libertés d’user, de produire et de faire commerce des drogues. La légalisation n’exclut pas une intervention de l’État régulateur qui peut imposer et organiser de manière plus ou moins restrictive l’exercice de ces libertés, comme c’est le cas pour l’alcool et le tabac. On parle alors de légalisation contrôlée.

Pour voir la suite de l’interview, rendez-vous sur le site de vice en cliquant sur « En savoir plus »

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