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TABAC / Le lobby des fabricants se mobilise contre la traçabilité des cigarettes

Un système de contrôle des cigarettes est à l'étude en France. Les industriels, soupçonnés d'alimenter les pays frontaliers où le tabac est moins cher, freinent des quatre fers.

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Édouard Philippe aurait-il relancé le lobbying des cigarettiers ? En annonçant mardi une hausse du prix du paquet de cigarettes à 10 € d’ici trois ans, et un renforcement de la lutte contre le marché illicite des cigarettes, le Premier ministre a non seulement agacé les buralistes, qui viennent de lancer une pétition contre cette mesure, mais aussi les industriels. Car ces derniers sont soupçonnés d’approvisionner ce qu’on appelle le marché parallèle (en dehors des bureaux de tabac), en suralimentant les pays voisins de la France à la fiscalité plus avantageuse sur le tabac comme la Belgique ou le Luxembourg.

Cette pratique permet de préserver les volumes de vente, mais a un double inconvénient : elle amoindrit l’efficacité des mesures prises pour dissuader les fumeurs et fait perdre de précieuses recettes fiscales à l’Etat. Justement, l’Etat français, confronté à un trou inattendu de 9 Mds€ selon l’audit de la Cour des comptes, espère bien retirer de la lutte contre la vente parallèle 3 Mds€ par an de ressources fiscales. Pour cela, il table sur la mise en place d’un système de traçabilité des paquets de cigarettes qui doit permettre de connaître non seulement le lieu de fabrication mais aussi de stockage et de libraison. « Cela va permettre de démontrer que les cigarettiers nourrissent la fraude en suralimentant les pays frontaliers », annonce Philippe Juvin, député européen (LR), aux avant-postes de la lutte contre le tabac. Prévu par le protocole de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) sur la lutte contre le tabac, signé par la France en 2015, et l’Europe en 2016, ce futur dispositif est en phase de définition.

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