Récit / “Des foulées pour renaître“ de Jean-François Lajeunesse

Alcool / 15 mars 2018

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Addiction Alcool - Récit / “Des foulées pour renaître“ de Jean-François Lajeunesse

 

Ce sont les Editions Coiffard qui publient le deuxième ouvrage de Jean-François Lajeunesse Après “Perle d’or sur champs de vie“, paru il y a 7-8 ans, cet homme d’une soixantaine d’années récidive, et raconte son parcours de vie, notamment son épisode d’alcoolo-dépendance de plus de vingt ans.

Jean-François Lajeunesse commence par raconter sa jeunesse, son éducation faite par des grands-parents aimants qui remplacent des parents absents, et puis surtout il y a la course à pieds, une passion adolescente qui le conduit à faire de la compétition et à rencontrer de grands champions. Jean-François fait aussi de la politique, et ça le suivra toute sa vie. Il s’investit beaucoup, sort énormément, et met de côté sa vie de famille.

Son côté “bon vivant“, son désir de convivialité et de reconnaissance le font boire dès que l’occasion se présente, et sans mesure. L’alcool s’incruste dans sa vie sans qu’il s’en rende compte, comme souvent, petit à petit, sans élément déclencheur. « J’ai commencé à être alcoolique pour continuer à rêver à un grand avenir. Après de nombreux verres, je me voyais grand coureur, grand politicien, mis en lumière… » Jean-François parle “d’alcoolisme mondain“. Le tabac aussi prend une grande place, avec une consommation de deux paquets par jour. Jean-François finit par perdre son travail et sa femme Catherine qui le quitte, même si elle l’a toujours soutenu et accompagné par la suite. Vingt d’ans d’alcoolo-dépendance et vingt ans de difficultés de vie. Avec l’argent de l’aide sociale il écume les bars avec une petite bande de copains qui, comme lui, accumulent les verres au comptoir…

Jean-François a deux enfants, Julie et Quentin, qui ne se sont jamais éloignés de lui. “L’électrochoc“, comme il l’appelle, se fera le jour où son fils justement vient lui rendre visite dans son logement social, et lui raconte simplement qu’il vient de faire un footing avec son oncle. A son départ, Jean-François fond en larmes car il réalise qu’il ne peut pas accompagner son fils dans ses sorties, lui qui a pourtant été passionné de courses à pieds étant jeune. La décision est prise. Il arrêtera pour de bon l’alcool et le tabac, et se remettra à courir. Sa volonté est forte et efficace. Jean-François a alors 47 ans et de nombreux kilos en trop. La course prend de plus en plus de place et relègue l’alcool aux oubliettes…

La suite du parcours, du moins professionnel, n’est pas si simple. Il faut reconstruire le corps et l’esprit, avec la difficulté de retrouver du travail après toutes ces années d’errance. Jean-François décide alors de se mettre à son compte et d’aider les usagers en difficulté avec l’alcool en créant une association qui s’appelle “Se défouler pour renaître“. Mais rien n’est gagné d’avance…

Jean-François Lajeunesse écrit en préambule au récit : « Mettre noir sur blanc mes faiblesses, mes lâchetés, mes égarements m’a été pénible. Difficile d’avouer mes fautes sans les rejeter sur les autres. Facile d’évoquer mes douleurs d’enfant et d’adolescent pour justifier mes errances. » Pourtant à aucun moment des cent vingt pages, il essaie de se justifier. Il raconte avec ses mots à lui, et c’est bien suffisant… Les parcours d’usage et de sevrage de chacun des consommateurs, alcoolo-dépendant ou pas, peuvent se ressembler, mais sont pourtant si différents. Un récit de plus ce n’est pas un récit de trop, bien au contraire. La parole d’un usager, même isolée, a une valeur de témoignage non négligeable quand on la place en regard des autres parcours…

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Source de l'article : Drogbox

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