Tabagisme et schizophrénie : Les liaisons dangereuses

Tabac / 11 juin 2018

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Addiction Tabac - Tabagisme et schizophrénie : Les liaisons dangereuses

La schizophrénie est une pathologie chronique touchant 1% de la population et pouvant se manifester par de nombreux symptômes : hallucination, délire, retrait social, troubles cognitifs… Les personnes souffrant de schizophrénie sont aussi plus susceptibles de développer une dépendance en substance psychoactive.

 

En ce qui concerne le tabagisme, la prévalence chez les personnes souffrant de schizophrénie est en effet beaucoup plus élevée qu’en population générale. La dépendance à la nicotine toucherait en effet plus de 80% des patients souffrant de schizophrénie. Cela suggère l’existence d’une relation étroite entre ces deux pathologies.

 

Plusieurs hypothèses cliniques ont émergé pour tenter d’expliquer cette forte cooccurrence notamment via le phénomène d’auto-soulagement par effet pro-cognitif de la nicotine ou de diminution des effets secondaires des traitements antipsychotiques. Elles ne sont toutefois pas consensuelles et seul le rôle des facteurs génétique et environnementaux dans l’étiologie et le développement de ces pathologies est aujourd’hui communément admis.

 

Les mécanismes biologiques qui sous-tendent cette association sont en revanche encore flous alors même que l’association de certains gènes avec ces deux syndromes est aujourd’hui identifiée. Entre les 276 gènes associés dans la littérature à la dépendance à la nicotine et les 331 associés à la schizophrénie, 52 gènes sont communs. A partir de ces gènes, 12 voies métaboliques ont été identifiées. Elles comprenaient les voies liées au fonctionnement synaptique et à la transduction du signal, ainsi qu’aux processus addictifs. Les auteurs ont également, à partir de la conceptualisation d’un sous réseau spécifique de la dépendance à la nicotine et de la schizophrénie, identifié 11 nouveaux gènes candidats.

 

Les auteurs ont ensuite effectué une analyse systématique de ces gènes, et des cascades métaboliques. Ils ont ainsi montré que les processus biologiques sous-jacents à l’association d’une dépendance à la nicotine et de la schizophrénie étaient complexes et qu’ils étaient probablement induits par le dysfonctionnement de molécules et de voies multiples. Ces résultats proposent toutefois une nouvelle façon prometteuse d’explorer le lien entre dépendance et schizophrénie de manière systémique.

 

 

 

 

 

Par Julien Cabé 

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