Essai / “Riviera Nostra“ de Jean-Michel Verne

27 juillet 2017

Addiction  - Essai / “Riviera Nostra“  de Jean-Michel Verne

 

Cet essai du journaliste Jean-Michel Verne, spécialisé dans les affaires criminelles et la corruption dans le sud de la France, est sous-titré “L’emprise des mafias italiennes sur la Côte d’Azur“, et fait suite à un documentaire diffusé sur France télévision. Il est donc question ici de s’infiltrer dans cette thématique vieille comme la mafia, pour essayer de comprendre les tenants et les aboutissements d’une présence mafieuse, ou du moins d’une implication mafieuse italienne, sur le sol français. Et ce n’est pas toujours simple de s’y retrouver tant les nœuds sont difficiles à démêler, tant les personnages concernés sont nombreux et tant l’omerta est de mise dans un milieu tentaculaire qui sait se protéger depuis des générations en appliquant des codes d’un autre temps. Pour y voir plus clair, Jean-Michel Verne s’est appuyé en bonne partie pour rédiger cet ouvrage sur les connaissances d’un ami de longue date, à savoir Luc Bebbraro, avocat spécialiste des organisations criminelles.

Les trois grandes mafias dont il est question dans ce récit journalistique sont la ‘Ndrangheta, mafia calabraise, la Cosa Nostra, mafia sicilienne, et la Camorra, mafia napolitaine. Elles sont implantées sur le territoire français, et plus précisément dans le midi de la France, depuis plus de trois décennies. Elles ne sont pas uniquement là pour blanchir l’argent sale des activités clandestines qu’elles mènent en Italie, mais profitent des relais français que constitue le “milieu“ corso-marseillais pour faire du business. Leurs affaires principales tournent autour de l’extorsion de fonds et du trafic d’armes ou de drogue. Le “milieu“ hexagonal bénéficie de réseaux privilégiés en Afrique de l’Ouest et au Sahel, ce qui a une importance non négligeable quand il s’agit de faire transiter la cocaïne en provenance d’Amérique Latine.

Bien entendu, cet essai s’efforce d’aller à la source de cette emprise italienne, que l’on peut faire remonter à la French Connection, d’expliquer le fonctionnement de ces mafias et les connexions mises en place sur le territoire avec des impacts souvent minimisés sur l’économie régionale. Quoique en bonne partie souterraine, l’activité des mafias, notamment la ‘Ndrangheta qui a su se faire une très bonne place au soleil en poussant des coudes, est loin d’être négligeable car elle a prit le temps de s’implanter sur un territoire qu’elle commence à bien connaître et que les dispositifs policiers et judicaires ont eu du mal à contrôler, même si les affaires se succèdent et qu’elles permettent l’arrestation de grands pontes.

Comme pour beaucoup d’ouvrages sur la question, des noms ne reviendront plus, mais les organisations sont plus fortes que les hommes et les relais se font naturellement de génération en génération verticalement ou horizontalement. Tout ça pour ça…

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