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“Un vapotage d’enfer“, Un documentaire de Sarah Holm Johansen

Tabac
Addiction Tabac - “Un vapotage d’enfer“, Un documentaire de Sarah Holm Johansen

Ce documentaire américain, diffusé sur Netflix dans la série Broken, s’interroge sur la e-cigarette, sa toxicité et son efficacité, mais il ne pourra certainement que semer un nouveau doute chez les non initiés, même si la parole est donnée aussi bien à ceux qui semblent s’opposer à la cigarette électronique qu’à ses partisans… Aux Etats-Unis, le tabac a très mauvaise réputation chez les adolescents qui sont sensibilisés à ses dangers depuis leur plus jeune âge. Demandez à la plupart des adolescents américains ce qu’ils pensent du tabac, et ils vous répondront que son usage est dépourvu d’intérêt et qu’il est hautement toxique. Moins de 10% des adolescents américains fument désormais, mais par contre l’usage de la cigarette électronique a augmenté de près de 80% chez les lycéens ces deux dernières années…

Big Tabaco sait bien que son avenir repose désormais, à plus ou moins court terme, sur des alternatives au tabac, l’essentiel étant qu’un autre produit addictif soit mis sur le marché pour devenir un nouveau bien de grande consommation. Alors, bien entendu, la e-cigarette pourrait être ce produit-là d’autant que l’accroche auprès de la communauté adolescente, population dont l’âge est un facteur de risque d’addiction important, a été bien balisée par certains fabricants de vapoteuses, dont la marque Juul. L’agence sanitaire fédérale américaine a pris des mesures d’interdiction de vente aux mineurs après avoir fait pression, un peu tard peut-être, sur cette marque pour qu’elle retire ses publicités. La FDA parle d’épidémie d’addiction à la e-cigarette dans cette classe d’âge…

Car oui bien sûr la vapoteuse contient de la nicotine. Mais c’est bien l’idée des jeunes fabricants de cette e-cigarette Juul, au look très sobre et design, à savoir trouver une alternative crédible à l’usage du tabac, et pour cela, il faut bien que la nicotine soit présente pour soulager le manque, et qu’elle le soit suffisamment pour que le vapoteur n’ait pas l’envie de revenir au tabac. L’idéal étant bien entendu que les adolescents, en première intention, ne se tournent ni vers la cigarette traditionnelle, ni vers la e-cigarette… Deux questions se posent alors : ces adolescents, gros consommateurs de e-cig, sont-ils en train de consommer un produit toxique ? Et sont-ils surtout en train de prendre le chemin d’une dépendance les invitant par la suite à passer au tabac fumé ou à d’autres substances ? L’éternelle inquiétude d’un usage et d’une dépendance à un produit qui conduirait inévitablement à d’autres usages et comportements jugés problématiques, refait surface à ce moment-là, et difficile alors de faire redescendre cette inquiétude chez les parents ou encadrants… Certains scientifiques prennent appui sur des études indiquant que les vapoteuses produisent une vapeur contenant des produits comme le plomb ou le manganèse pour prouver que le vapotage n’est pas dénué de toxicité. Certes, mais quoiqu’il arrive, comparativement à la combustion du tabac, les études sont formelles et indiquent dans le même temps une toxicité bien moindre que celle de la combustion du tabac, à condition bien entendu que des normes soient respectées, ce qui n’est pas toujours le cas on le sait… 

Les produits du marché de la cigarette électronique se sont bien développés depuis la création de la première e-cigarette et sont bien plus efficaces qu’avant. La vapoteuse est un produit particulièrement crédible désormais dans le sevrage tabagique, même si l’on peut toujours regretter que le pouvoir addictif de la nicotine soit inévitable, et que des géants de ce marché de la e-cig se soient emparés de cet outil de réduction des risques et en fassent un business particulièrement lucratif. Il n’en reste pas moins que l’outil conserve une valeur indéniable et qu’il serait bien dommage qu’elle passe à la trappe suite à toutes les polémiques qui jaillissent à son sujet, fausses informations mais aussi faits scientifiques avérés, le dernier en date étant que des e-liquides qui circulent sur le marché clandestin contiennent des drogues de synthèse potentiellement mortifères. La réduction des risques ne doit pas avancer aveuglément, et il est important qu’elle concerne aussi bien entendu la e-cigarette, pour qu’elle puisse être utilisée à moindre risque et à bon escient…

Thibault de Vivies
(Image par Image par Holgi de Pixabay) 

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