Aller au contenu principal

Addiction au sexe et pratique du chemsex, prévalence et facteurs associés

Une synthèse scientifique réalisée par l’Institut fédératif des addictions comportementales (IFAC).

Autres addictions comportementales
Addiction au sexe et pratique du chemsex prévalence et facteurs associés
Crédit photo : Magnific

Le chemsex est une pratique qui consiste à consommer des substances psychoactives lors de rapports sexuels. Elle est principalement pratiquée par les hommes ayant des relations avec des hommes. Les études sur le chemsex montrent qu’il expose, notamment, à des risques accrus d’addiction aux substances, de troubles psychiatriques, d’anxiété et de perte de contrôle sur sa sexualité.

Pourquoi avoir fait cette recherche ?

Bien que ces risques aient été identifiés, peu d’études se sont penchées sur les caractéristiques démographiques, psychologiques et de consommation des individus recourant à ce type de pratique et ayant une addiction au sexe.

Quel est le but de cette recherche ?

  • Estimer la prévalence de l’addiction au sexe parmi les individus recourant au chemsex.
  • Étudier les facteurs associés à ce trouble.

Comment les chercheurs ont-ils fait pour répondre à cet objectif ?

Pour répondre à ces objectifs, les chercheurs ont inclus systématiquement tous les patients consultant une clinique lyonnaise de traitement d’addiction, spécialisée dans le suivi des hommes ayant des relations avec des hommes et pratiquant le chemsex.

Les caractéristiques des patients ont été recueillies par questionnaire pour les états psychologiques et les consommations de substances, par auto-questionnaire pour les troubles comportementaux, et par analyses sanguines pour les virus.

La récolte des données s’est effectuée du 1er janvier 2018 au 1er janvier 2024 ; au total 353 patients ont été inclus dans l’étude.

Quels sont les principaux résultats à retenir ?

Sur les 353 patients, 39 (11 %) présentaient une addiction au sexe.

Les comparaisons entre les patients n’ayant pas d’addiction contre ceux en ayant une ont montré que ces derniers étaient significativement plus âgés, avec 42 ans de moyenne contre 38 ans. De plus, un plus grand nombre d’entre eux avait déjà été hospitalisé pour des problèmes psychiatriques. Par ailleurs, on note une plus faible utilisation de GHB et de cathinones, mais une plus forte consommation de méthamphétamines.

Enfin, bien que ces différences ne soient pas significatives, les patients ayant une addiction au sexe semblent être plus souvent sujets à l’anxiété et avoir un historique de tentatives de suicide.

Les points clés à retenir

·       Le chemsex est une pratique qui peut développer chez ses pratiquants des addictions aux substances, mais aussi des addictions comportementales.

·       L’étude estime à 11 % la proportion d’individus pratiquant le chemsex et ayant une addiction au sexe.

·       La consommation de méthamphétamines est un facteur prédictif important de cette addiction.

·       Les individus ayant une addiction au sexe ont un terrain psychologique plus alarmant, avec une plus grande proportion d’hospitalisations en psychiatrie ainsi qu’une tendance à avoir déjà fait une tentative de suicide et à souffrir d’anxiété.

Plus d’informations sur cette recherche :

Auteurs

Buathier, F., Lack, P., Chappuy, M., Bailly, F., Lespine, L. F., & Rolland, B. (2026). Prevalence and Factors Associated with Sexual Addiction in Men Who Have Sex with Men Seeking Treatment for Problematic Chemsex: Findings from the CHAMELEON Cross-Sectional Study. Archives of Sexual Behavior55(2), 957-963: https://link.springer.com/article/10.1007/s10508-025-03392-z

Retrouvez la synthèse de l’article du mois « Addiction au sexe et pratique du chemsex, prevalence et facteurs associés » sur le site de l’Institut Fédératif des Addictions Comportementales (IFAC) du CHU de Nantes.