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Comment traiter la consommation de substances psychoactives en milieu professionnel ?

Mon salarié consomme-t-il trop d’alcool ? Mon collègue fume-t-il du cannabis ? Prend-il de la cocaïne ? Ce responsable ne serait-il pas sous l’influence de médicaments ? Difficile, en entreprise, d’aborder ce genre de questions, surtout s’il ne s’agit pas de postes à risque. Pourtant, le problème est réel en France, qui fait partie du haut du tableau européen pour ce qui est de la consommation d’alcool et de cannabis. Véritable problème de société, qui s’étend au-delà du monde du travail, la consommation de substances psychoactives (alcool, tabac, cannabis, etc.) nécessite une compréhension fine pour mettre en place une prévention primaire pertinente et efficace. L’enjeu est de taille et, preuve de son importance, il a été placé au cœur du plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les conduites addictives 2013-2017 pour l’ensemble des salariés et des agents de la fonction publique et figure pour la première fois expressément dans le nouveau Plan santé au travail 2016-2020.

Afin de mieux appréhender la situation, la MILDECA a mené une enquête avec l’institut BVA. Il en ressort notamment que, même si les conduites addictives interpellent plus de huit dirigeants et représentants de syndicat sur dix, elle demeure un tabou en milieu professionnel. Pourtant, n’importe quel salarié peut être amené à consommer des substances psychotropes. Or, bien souvent, les entreprises ne trouvent pas les mots pour évoquer ces questions et peu arrivent à mettre en place une prévention adéquate.

COMMENT ÉTABLIR UN DIAGNOSTIC ?

Si lever le tabou n’est pas une fin en soi, cela reste nécessaire, non seulement à la prise de conscience générale, mais encore pour mettre en place une prévention collective en milieu de travail.
Il est primordial d’établir un diagnostic de la situation, en s’appuyant sur les études et expertises publiées par des institut de recherche mais également en interrogeant toutes les parties prenantes allant du médecin du travail aux partenaires sociaux en passant par les ressources humaines.
Le repérage des conduites à risques s’opère au niveau individuel par le médecin du travail ou l’encadrement ou un collègue, en privilégiant le dialogue avec le salarié sans stigmatisation ni jugement moral. Mais il est indispensable de passer à la dimension collective du diagnostic pour analyser les facteurs des conduites addictives au-delà des problématiques personnelles et promouvoir un environnement de travail favorable à la santé.

QUI SONT LES ACTEURS DE CETTE PRISE DE CONSCIENCE ?

Au plus haut niveau de l’entreprise

La prévention de la consommation de substances psychoactives ou des addictions comportementales constitue un élément de la santé et de la qualité de vie au travail et en tant que tel de la performance des entreprises et des administrations. De ce fait, la mise en place de la démarche de prévention doit être portée au plus haut niveau stratégique par le dirigeant, le comité de direction ou le DRH.
Seul, le médecin du travail ne peut suffire, même si son expertise et son implication restent nécessaires pour mettre en place un plan d’action adéquat. Décidé collectivement, ce dernier doit permettre d’examiner l’impact sur la santé des décisions prises par l’entreprise en termes d’organisation et de conditions de travail.

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Revue de presse

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Le 12 Juin 17