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Être « high », mais à quel prix ? Une caractérisation des cas d’exposition au LSD et aux champignons hallucinogènes recueillis par les centres anti-poison entre 2000 et 2016

Au cours des 5 dernières années, plusieurs groupes de chercheurs ont publié de nouvelles recherches sur l’intérêt de psilocybine et de LSD dans diverses indications. Cependant, la plupart des études ont été conduites sur de petits échantillons et décrivaient peu le profil de sécurité de ces substances.

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Le diéthyllysergamide (LSD) et la psilocybine sont des substances hallucinogènes sérotoninergiques utilisées principalement à des fins récréatives. Étudiées dans les années 60 et 70 pour le traitement de la dépression, de l’anxiété et le trouble d’usage de substances, des restrictions réglementaires ont stoppé la plupart des recherches. Au cours des 5 dernières années, plusieurs groupes de chercheurs ont publié de nouvelles recherches sur l’intérêt de psilocybine et de LSD dans diverses indications. Cependant, la plupart des études ont été conduites sur de petits échantillons et décrivaient peu le profil de sécurité de ces substances.

Dans ce contexte, des auteurs ont analysé de manière rétrospective les cas d’exposition au LSD ou aux champignons contenant de la psylocybine signalés aux centres antipoison des États-Unis du 1er janvier 2000 au 31 décembre 2016. Cette étude a permis de décrire les différentes formes de toxicité, les différents sites de prise en charge (urgences, soins intensifs, etc…) ainsi que l’importance de la toxicité liée au produit (codée en « aucun effet », « effet mineur », « effet majeur » et « décès » en fonction des symptômes présentés).

Au total,  5883 expositions aux champignons hallucinogènes (ChP) et 3554 expositions au LSD ont été inclues. La plupart des patients étaient âgés de 13 à 29 ans (83,9 % ChP et 88,9 % LSD) et étaient surtout des hommes (77,9 % ChP, 74,1 % LSD). Les effets cliniques les plus fréquents étaient les hallucinations (45,8 % ChP, 37,4 % LSD), l’agitation (24,1 % ChP, 42,4 % LSD) et la tachycardie (18,0 % ChP, 38,6 % LSD). Les effets cliniques graves étaient peu fréquents, mais comprenaient l’hyperthermie, les convulsions, le coma, l’augmentation de la créatinine sérique et l’arrêt cardiaque. La plupart des patients ont pu sortir après leur prise en charge aux urgences. Plus de patients usagers de LSD que de patients usagers de ChP ont été admis dans des unités de soins intensifs et d’autres unités spécialisées. L’effet le plus fréquent pour les deux substances était considéré comme modéré (61,0 % ChP, 62,3 % LSD).

Ces données montrent que l’usage de LSD et de champignons hallucinogènes a lieu principalement chez les adolescents et les jeunes adultes, avec des effets indésirables légers à modérés. Les effets graves sont peu fréquents mais peuvent survenir. Bien que la plupart des usagers de LSD et de ChP ne nécessite « qu’une » prise en charge aux urgences, l’usage de LSD est plus susceptible de conduire à une admission médicale dans un autre service.

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