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Caféine, nicotine et autres stimulants :  quel impact sur le sommeil des jeunes adultes ?

Les problèmes de sommeil peuvent avoir à long terme des conséquences négatives notamment sur le plan psychologique et physiologique.  Les chercheurs de l’université de Boston ont exploré les relations entre l’utilisation régulière de substances stimulantes et la qualité du sommeil dans une population de jeunes adultes.

Tabac

Les problèmes de sommeil peuvent avoir à long terme des conséquences négatives notamment sur le plan psychologique et physiologique.  Les chercheurs de l’université de Boston ont exploré les relations entre l’utilisation régulière de substances stimulantes et la qualité du sommeil dans une population de jeunes adultes.       498 participants, âgé de 18 à 25 ont rapporté une consommation récente de psychostimulants. Les substances stimulantes suivantes étaient rapportées: café, boissons énergisantes, psychostimulants d’usage détourné (ex : méthylphénidate), cocaïne et la nicotine. La qualité du sommeil a été mesurée grâce à l’échelle PSQI (Pittsburgh Sleep Quality Index).

Les participants étaient âgés en moyenne de 21.3 (±2.07) ans, dont 47.8% d’hommes. Dans les 30 derniers jours, 24.9% avait consommé du tabac, 48.1% des boissons énergisantes, 17.3% des psychostimulants d’usage détourné, 79.3% du café et 7.9 % de la cocaïne. Le score moyen au PSQI était de 6.21 (±3.66, médiane = 5). Les scores PSQI étaient positivement et significativement associés au nombre de cigarettes par jour (b = 0.16, IC 95% [0.07 – 0.25], P < 0.001) et également à la consommation de psychostimulants d’usage détourné (b = 0.10, IC 95% [0.01-0.18], P = 0.030)

Ces résultats suggèrent des troubles du sommeil chez les individus consommant des psychostimulants comme le méthylphénidate en dehors d’indication médicale, mais la nicotine également dégraderait particulièrement la qualité du sommeil. Par ailleurs, la consommation d’alcool et de cannabis étant fréquente dans cette population, elle pourrait aussi avoir un impact sur la qualité du sommeil. L’arrêt de la consommation de tabac représenterait une nouvelle approche afin d’améliorer le sommeil dans cette population. Ces résultats constitueraient une véritable aide d’un point de vue motivationnel dans l’optique de l’arrêt des consommations de substances, notamment de tabac.

 

Dr Bernard Angerville

Service de psychiatrie et d’addictologie-CHU Amiens Sud

Groupe de recherche sur l’alcool et les pharmacodépendances (GRAP) Inserm U1247

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