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"Intervenir sur les addictions en médecine générale" : Deuxième partie, les interventions possibles

Dans la première partie, l’addiction a été caractérisée comme une maladie du cerveau où domine la perte de contrôle du désir envahi progressivement par le besoin, selon un processus où les déterminants sont multifactoriels. Ce processus n’est pas inéluctable et lespossibilités d’intervention du médecin généraliste (MG) sont nombreuses.

Addiction  - "Intervenir sur les addictions en médecine générale" : Deuxième partie, les interventions possibles

Intervenir sur les addiction en médecine générale

Auteurs :

Philippe Binder, Paul Vanderkam
Département de médecine générale,
Université de Poitiers.
philippe.binder@univ-poitiers.fr

Deuxième partie : Les interventions possibles

Les champs d’intervention : 

Dans la première partie, l’addiction a été caractérisée comme une maladie du cerveau où domine la perte de contrôle du désir envahi progressivement par le besoin, selon un processus où les déterminants sont multifactoriels. Ce processus n’est pas inéluctable et les possibilités d’intervention du médecin généraliste (MG) sont nombreuses.
Avant la maladie, il peut participer à réduire les vulnérabilités, renforcer les défenses individuelles et désamorcer les conséquences des premières consommations. Quand la maladie est installée, il peut la repérer, l’évaluer, intervenir pour réduire son emprise et ses conséquences. Une fois l’addiction contrôlée, il peut contribuer à éviter sa reprise.

En prévention primaire

La connaissance des perturbations de la maturation cérébrale dans l’enfance, abordée dans la première partie, ouvre à plusieurs objectifs d’intervention, la plupart non spécifiques à l’addiction : repérer les vulnérabilités, renforcer les résistances, diminuer l’attractivité des drogues et retarder le premier contact.

C’est un investissement de médecin de famille à type de guidance parentale et de soutien individuel orienté vers la cohérence psychosociale, facteur de
protection des addictions. Selon notre métaphore, il s’agit de dresser le cheval à contenir le dragon et, pour le cavalier, de connaître et maîtriser ses montures.

Repérer les vulnérabilités

Les vulnérabilités peuvent être remarquées très tôt avec les interactions précoces mère-enfant, la place prise par le père et l’ambiance en famille ou à l’école. Ce sont l’impulsivité, l’agressivité, les troubles de l’attention, de l’attachement et du sommeil. Si les prédispositions génétiques sont mieux connues, les contextes sont déterminants : les drames familiaux bien sûr, séparations et recompositions familiales, décès, violences , mais aussi des événements anodins, négligés par l’entourage et sources de stress chronique à souffrance cachée : discordances éducatives durables, déménagements, mésestime entretenue, harcèlement à l’école,ruptures sentimentales ou amicales.

Car si les stress à petites doses sont facteurs de résistance, des stress intenses ou prolongés ont un effet inverse. Après ces constats, le MG n’est pas souvent à l’aise pour intervenir. Il se croit d’autant plus intrusif que la confiance met du temps à s’installer et que les plus vulnérables sont peu demandeurs. Il s’agit d’encourager précocement les attitudes éducatives, faites d’attentions et d’interventions congruentes au discours, où les événements prennent du sens. En effet, les interactions précoces mère-enfant façonnent le circuit de la récompense et leurs dysfonction.

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