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La psilocybine, principe actif des « champignons hallucinogènes », montre un potentiel contre l’addiction à la cocaïne

Un éditorial paru dans Science.

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La psilocybine principe actif des champignons hallucinogènes montre un potentiel contre l'addiction à la cocaïne

Cet éditorial de Science présente les résultats d’un essai clinique particulièrement remarqué évaluant la psilocybine – principal composé psychoactif des champignons hallucinogènes – dans le traitement du trouble de l’usage de cocaïne. L’intérêt est majeur car, contrairement aux troubles liés aux opioïdes ou au tabac, aucun traitement pharmacologique validé n’existe actuellement pour la dépendance à la cocaïne ou aux autres psychostimulants, malgré une augmentation mondiale de leur consommation, et la France est particulièrement touchée.

L’étude, menée par l’équipe de Peter Hendricks à l’Université d’Alabama, a inclus 40 participants ayant un usage problématique de cocaïne et souhaitant arrêter. Les participants ont reçu soit une dose unique de psilocybine, soit une molécule contrôle (diphenhydramine), dans le cadre d’un protocole incluant plusieurs séances de psychothérapie avant et après l’administration. Le suivi a été poursuivi jusqu’à 180 jours.

Les résultats sont jugés très encourageants : les personnes ayant reçu la psilocybine présentaient davantage de jours sans cocaïne, une probabilité plus élevée d’abstinence complète et un risque réduit de rechute au cours du suivi. Les auteurs considèrent ainsi qu’il s’agit de la première démonstration contrôlée suggérant une efficacité potentielle de la psilocybine dans le trouble de l’usage de cocaïne.

Contrairement aux traitements classiques des addictions qui agissent souvent sur les mêmes systèmes neurobiologiques que la substance consommée (par exemple les agonistes opioïdes ou les substituts nicotiniques), la psilocybine fonctionnerait différemment. Elle induit un état modifié de conscience transitoire, susceptible de favoriser une réorganisation psychologique, une plus grande flexibilité cognitive et des changements profonds dans la perception de soi et des comportements addictifs. Elle serait ainsi davantage un catalyseur thérapeutique qu’un traitement d’entretien chronique.

L’article souligne également l’originalité sociologique de l’étude, qui a volontairement inclus une proportion importante de participants issus de populations défavorisées et afro-américaines, souvent sous-représentées dans les essais psychédéliques.

Les auteurs restent prudents : l’effectif demeure limité et des essais plus vastes seront nécessaires. Néanmoins, ces résultats renforcent l’idée que les psychédéliques pourraient ouvrir une nouvelle voie thérapeutique pour les addictions, et notamment aux psychostimulants.

En savoir plus : https://www.science.org/content/article/magic-mushroom-compound-shows-promise-against-cocaine-addiction

Résumé par Benjamin ROLLAND (résumé réalisé par IA, et relu et modifié).