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Le sport peut-il compenser nos excès d’alcool ?

Alcool
Le sport peut-il compenser nos excès d'alcool
Crédit photo : Magnific

Cette phrase, lancée en riant devant une caméra, apparaît de plus en plus fréquemment dans des vidéos publiées sur TikTok, Instagram ou Strava. Le principe est simple : un verre consommé correspond à un kilomètre à courir. Le lendemain, les participants publient leur course avec l’idée de « compenser » leur consommation d’alcool. D’autres adoptent la logique inverse et courent avant une soirée pour avoir le sentiment d’avoir « mérité » leur(s) verre(s).

Ce défi associe deux comportements souvent valorisés, notamment chez les jeunes adultes : la pratique d’une activité physique et la participation à des moments festifs impliquant une consommation d’alcool. Il peut donner l’impression qu’il est possible de compenser les effets de l’un par l’autre.

En psychologie, ce mécanisme peut être rapproché de la dissonance cognitive. Ce concept désigne l’inconfort qui peut apparaître lorsqu’un comportement entre en contradiction avec une autre conduite ou avec l’image que l’on a de soi. Les défis du type « 1 verre = 1 km » peuvent contribuer à réduire cet inconfort en laissant penser que l’activité physique compense les effets de l’alcool.

Ils reposent ainsi sur l’idée qu’une consommation d’alcool pourrait être contrebalancée par une performance sportive. Or, les effets de l’alcool sur l’organisme ne sont pas compensés par la pratique d’une activité physique.

L’effet de licence morale : le piège de la compensation

Ces défis reposent sur l’idée que les effets de la consommation d’alcool pourraient être compensés par une activité physique. Ils associent un nombre de verres consommés à une distance à parcourir, laissant penser qu’il serait possible de rétablir un équilibre grâce au sport. Le corps est ainsi présenté comme un système dans lequel les effets de la consommation pourraient être contrebalancés par l’exercice physique.

Cette représentation peut donner l’impression que les conséquences de la consommation sont prévisibles, mesurables, voire compensables grâce au sport.

En psychologie, ce mécanisme est appelé effet de licence morale (moral licensing). Après avoir adopté un comportement perçu comme bénéfique, comme pratiquer une activité physique, certaines personnes peuvent se sentir davantage autorisées à adopter un comportement moins favorable à leur santé, comme consommer davantage d’alcool. Le phénomène peut également fonctionner dans l’autre sens : après avoir consommé de l’alcool, certaines personnes ressentent le besoin de faire du sport avec l’idée de « compenser » cette consommation. Dans les deux cas, l’activité physique est perçue comme un moyen d’équilibrer les effets de la consommation.

Pourtant, le fonctionnement de l’organisme ne repose pas sur un tel mécanisme de compensation : pratiquer une activité physique n’annule pas les effets de l’alcool sur le corps.

Faire du sport n’annule pas les effets de l’alcool

L’alcool n’agit pas uniquement par son apport calorique. Il modifie le métabolisme, perturbe le sommeil, altère la récupération musculaire, favorise la déshydratation et agit sur de nombreux organes, notamment le cerveau et le foie. La pratique d’une activité physique ne neutralise pas ces effets.

Faire du sport après avoir consommé de l’alcool n’est pas nécessairement problématique. Dans la plupart des situations, une activité physique modérée est compatible avec une bonne récupération. En revanche, un effort intense réalisé malgré la fatigue, une déshydratation ou des effets persistants de l’alcool peut augmenter le risque de malaise ou de blessure et réduire les performances sportives.

L’activité physique ne permet donc pas de compenser les effets de l’alcool sur l’organisme. Si le sport présente de nombreux bénéfices pour la santé, il n’annule pas les conséquences physiologiques liées à la consommation d’alcool.

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