Les sites d’injections supervisés à l’honneur dans le New England Journal of Medicine  

Autres drogues / 26 avril 2017

Autres drogues
Addiction Autres drogues - Les sites d’injections supervisés à l’honneur dans le New England Journal of Medicine   

 

Le New England Journal of Medicine (NEJM) est un peu aux journaux médicaux ce que le Real de Madrid est aux clubs de football. Les articles publiés dans le NEJM deviennent souvent des références mondiales, extrêmement lus et extrêmement cités. Le comité de lecture du NEJM exige une méthodologie scientifique parfaite, mais aussi une thématique importante pour la communauté médicale internationale (ou en tout cas américaine..).

Le NEJM s’est souvent engagé pour les sites d’injections supervisés (SIS). Le journal a notamment publié plusieurs articles de l’équipe du SIS de Vancouver, à une époque où celui-ci faisait l’objet d’attaques féroces des mouvements anti-SIS au Canada. Les articles du NEJM, très rigoureux scientifiquement, ont été pris en considération par la cour suprême du Canada lorsque celle-ci a décidé que le SIS de Vancouver devait être maintenu ouvert. La science ne fait pas de politique, mais elle a des choses à dire au politique, et le discours scientifique (ou pseudo-scientifique malheureusement) sert parfois de caution aux politiques pour leurs décisions. Le NEJM sait parfaitement cela, et à une époque où l’administration Trump conteste un certain nombre de faits scientifiques établis, les grands journaux américains assument leurs responsabilités de garde-fous face aux « post-truth politics ».

 

C’est peut-être pour cela que le NEJM a sollicité Sarah Wakeman, professeure associée à l’Université de Harvard, pour une petite piqure de rappel (sans mauvais jeu de mots..) sur ce qui est connu sur les SIS. En particulier que ces structures permettent de réduire le risque d’overdose mortelle chez les usagers de drogues, d’améliorer leur santé globale, de limiter les nuisances aux alentours du centres, et de favoriser l’accès aux soins chez les usagers. Elle rappelle enfin que le bénéfice médico-économique de ces structures est aujourd’hui assez clairement démontrée.

Rappelons qu’en France, l’Académie de Médecine et l’Ordre des Médecins ont régulièrement publié des prises de position publiques opposées à l’ouverture de SIS, sur la base d’arguments en contradiction globale avec les données de la littérature scientifique internationale. Malheureusement, nos académiciens ne lisent manifestement pas assez le NEJM…

 

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