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CANNABIS / Vers la guérison de l'addiction

L'espoir est réel avec la mise au point, par une équipe dirigée par le professeur Piazza, d'un médicament actif contre cette dépendance fréquente.

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Addiction Cannabis - CANNABIS / Vers la guérison de l'addiction

En France, 4,6 millions de personnes consomment de façon plus ou moins régulière du cannabis et un million sont dépendantes de cette substance, selon l’Observatoire français des drogues et toxicomanies. C’est à ces derniers que s’adresse le médicament que viennent de mettre au point des chercheurs de Bordeaux Neurocampus et de la société Aelis Farma, créée pour l’occasion. Il est actuellement en test chez l’homme aux États-Unis et, si tout va bien, une mise sur le marché est envisageable d’ici à fin 2024.

L’addiction est un sujet de recherche historique pour les neuroscientifiques bordelais. Dans un article publié dans la prestigieuse revue Science, il y a près de trente ans, Michel Le Moal, Pier-Vincenzo Piazza et Hervé Simon, ont démontré que, contrairement à une idée longtemps admise, toute personne qui persiste à consommer de la drogue ne devient pas accro. « À la fin des années 90, les équipes du pôle de recherche de Bordeaux ont mis en évidence les mécanismes de vulnérabilité aux drogues », explique « Piervi » Piazza. Il faudra ensuite plus de 10 ans pour les analyser et découvrir les clés de la toxicomanie.

On sait désormais que l’usage de stupéfiants modifie la physiologie du cerveau, notamment la plasticité des synapses (zones de contact entre neurones). Dans 80 % des cas, ce changement est temporaire. En revanche, la persistance de ce phénomène chez certains individus paraît responsable de la perte de contrôle de la consommation et l’addiction s’installe. Les équipes du Neurocentre Magendie, qui étudient spécifiquement les effets cérébraux du cannabis, ont découvert que son usage entraînait la production d’une molécule appelée prégnénolone, qui défend l’organisme contre les effets de cette drogue. Elle aurait pu être donnée pour soigner la dépendance si elle n’était pas si mal absorbée et rapidement dégradée par l’organisme.

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