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HÉROÏNE / La vie secrète des héroïnomanes pleinement intégrés à la société

À en croire le dernier rapport annuel de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, le nombre de décès par overdose « principalement liés à l’héroïne et à d’autres opiacés » est en hausse. En France, on dénombre un plus grand nombre de consommateurs de cannabis (22,1 % de jeunes âgés de 15 à 34 ans sur l’année 2015), de cocaïne, de MDMA et d’amphétamines que d’héroïne. Ainsi, la France est loin d’être le cas le plus alarmant en termes de décès par overdose – avec 349 morts recensées sur l’année 2013.

Mais plus récemment, le bureau de l’intérieur du Royaume-Uni comptait 3 744 morts liées à la drogue en Angleterre et au Royaume-Uni en 2016 – soit 70 personnes de plus qu’en 2015, et dont 1 209 sont liées à l’héroïne et/ou à la morphine. Si on évoque souvent le sort des héroïnomanes marginaux, on parle bien plus rarement de ceux qui sont pleinement intégrés à la société : des gens qui cachent souvent leur addiction à leur entourage, et donnent l’impression d’avoir un contrôle total sur leur vie.

Étant moi-même grandement influencé par le traitement médiatique des problématiques liés à l’héroïne, j’avais beaucoup de mal à imaginer des héroïnomanes éloignés d’un environnement sinistre à la Trainspotting. Pour en savoir plus, j’ai discuté avec des personnes qui avaient consommé – ou consommaient encore – de l’héroïne afin d’en savoir plus sur leur manière de gérer leur addiction au quotidien.

Jane, 29 ans

« Je travaille à la direction d’un groupe bancaire. Je suis assez douée dans ce que je fais, j’ai une augmentation chaque année et j’obtiens souvent de très bons retours de la part de mes collaborateurs. Je fume de l’héroïne régulièrement. En revanche, je n’ai jamais voulu m’en injecter, et je sais que je ne le ferai jamais.

Christopher, 34 ans

Quand j’ai commencé à consommer de l’héroïne, je fumais environ un gramme par jour. Puis je me suis mis à me piquer, et je dépensais 80 à 110 euros par jour. Le matin, j’ai toujours besoin de prendre 0,4 grammes pour tenir la journée.

Avant, j’étais propriétaire d’un restaurant de vente à emporter. J’avais une équipe très compétente et une maison collée à mon lieu de travail, ce qui me permettait de consommer tranquillement.

Charles, 43 ans

J’ai désormais une routine. Je me lève, je prends 1 mg de Subutex, je vais au boulot et je recommence. Quand j’étais toxicomane, j’achetais un gramme tous les soirs et j’en fumais seulement la moitié. Le matin, je me levais une heure plus tôt pour fumer le reste.

Pour voir les interview en entier, cliquez sur « Consulter en ligne »

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Le 10 Fév 17