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Tabac et TDAH : Une histoire qui dure ?

L’originalité de ce travail, réside dans le caractère longitudinal de l’étude. Les différentes variables d’intérêts ont été recueillies dans un échantillon de 469 individus diagnostiqués TDAH, âgés entre 7 et 10 ans et suivi prospectivement, comparés à un échantillon de 240 sujets témoins, appariés sur l’âge et le sexe.

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Addiction Tabac - Tabac et TDAH : Une histoire qui dure ?

Le trouble déficit de l’attention / hyperactivité ou TDAH est un trouble débutant au cours de l’enfance, caractérisé par une inattention et ou une hyperactivité-impulsivité gênant les activités quotidiennes. Les enfants souffrants de TDAH sont plus susceptibles de fumer des cigarettes au cours de l’adolescence et à l’âge adulte. Il s’avère que très peu d’études longitudinales ont entièrement décrits leurs comportements tabagiques, notamment au début et lorsque les habitudes tabagiques sont établies. Par conséquent, on sait peu de choses sur les caractéristiques spécifiques du tabagisme (quantités, sevrage réussi) chez les fumeurs adultes avec antécédents de TDAH.

L’originalité de ce travail, réside donc dans le caractère longitudinal de l’étude. Les différentes variables d’intérêts ont été recueillies dans un échantillon de 469 individus diagnostiqués TDAH, âgés entre 7 et 10 ans et suivi prospectivement, comparés à un échantillon de 240 sujets témoins, appariés sur l’âge et le sexe.

La quantité de cigarettes, les tentatives d’arrêt, la dépendance et d’autre caractéristiques ont été recueillies à 8 reprises jusqu’à l’âge de 25 ans.

Les chercheurs ont mis en évidence qu’à l’âge adulte, le groupe TDAH avait un taux plus élevé de consommation quotidienne de cigarettes (36%), plus de tentatives d’arrêt (76%), une consommation de la première cigarette de la journée plus précoce et des symptômes de sevrage plus sévères que les témoins. Le groupe TDAH ne semblait pas avoir un meilleur taux d’arrêt définitif malgré un plus grand nombre de tentatives. Le nombre de cigarettes et le nombre d’individus dépendants ne différait pas entre les deux groupes. Les sujets du groupe TDAH rapportaient un début d’usage quotidien plus précoce (15 ans) et une progression plus rapide entre l’initiation et la consommation quotidienne. Au final, la sévérité des symptômes du TDAH en fin d’adolescence et à l’âge adulte était associée avec un plus grand risque de consommation quotidienne dans l’échantillon avec TDAH.

Cette étude montre que le risque tabagique associé au TDAH débute très tôt, progresse rapidement et se maintient malgré les tentatives d’arrêt à l’âge adulte. Les efforts de prévention devraient se focaliser sur la rapidité d’installation de ce comportement dans cette population et les prise en charge devraient cibler le risque de rechute plus élever dans cette population vulnérable.

Dr ANGERVILLE Bernard (Amiens)

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