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TABAC / Proximité d’un bureau et difficultés à arrêter de fumer : une étude de cohorte dans Tobacco Control.

Quel que soit le produit, la facilité d’accès à celui-ci est un facteur d’échec important en addictologie. Pour les fumeurs de tabac, l’achat d’un paquet de cigarettes est souvent le prélude à une reprise d’usage. Beaucoup de fumeurs ou d’anciens fumeurs racontent des histoires de craving soudain, au cours duquel l’envie brutale d’aller s’acheter un paquet de cigarettes leur traverse l’esprit. Dans ces cas-là, la facilité à se procurer le produit peut être l’élément déterminant dans la manière dont se termine cet épisode de craving. De nombreux professionnels travaillent avec leurs patients sur la gestions de tels accès de craving avant ou après l’arrêt du tabac.

Ici, une équipe américano-canadienne a été étudié à Toronto le lien entre réussite d’arrêt et emplacement géographique des bureaux de tabac (ou points d’accès au tabac car les conditions de vente de tabac sont différentes au Canada) par rapport au domicile des participants. L’étude révèle plusieurs choses. Tout d’abord, pour les quartiers riches uniquement, plus une zone est pourvue en points de vente de tabac, et moins les habitants sont susceptibles de tenter d’arrêter leur usage de tabac. Par ailleurs, le fait d’habiter à moins de 500m d’un point de vente de tabac est significativement associé à un risque accru de reprise d’usage après une tentative d’arrêt. La distance de sécurité minimale pour résister à un craving soudain ?

Il est dommage que l’étude n’ait pas pris en compte dans leurs analyses les points de vente et l’usage de e-cigarettes et autres dispositifs de vapotage. Cela aurait pu montrer des résultats plus intéressants encore. Enfin, cette étude, parmi beaucoup d’autres, révèle une réalité de plus en plus évidente : l’addiction au tabac devient de plus en plus un trouble révélateur d’un bas niveau socio-économique. Alors que les campagnes de lutte contre le tabac ont bien marché pour stigmatiser l’usage de celui-ci parmi les couches sociales supérieures, de nombreuses données montrent que c’est moins le cas dans les milieux plus défavorisés. Cela est peut-être un mode d’évolution classique des usages en général. Mais cela risque également de renforcer de plus en plus la stigmatisation des fumeurs de tabac.

Pour accéder à l’abstract du bmj de l’étude, cliquez sur « Consulter en ligne »

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