La revue de presse des addictions comportementales #30

Addiction  - La revue de presse des addictions comportementales #30

Les troubles alimentaires chez les enfants prépubères – L’anorexie mentale est le trouble alimentaire le plus fréquent chez les enfants de 9 à 12 ans

03/02/2022

Radio Canada a interrogé Isabelle Thibault, psychoéducatrice sur les troubles du comportement alimentaire (TCA) chez les préadolescents.

Le trouble alimentaire le plus fréquent dans cette classe d’âge est l’anorexie mentale, avec une perte de poids importante et un envahissement des pensées relatives au poids, à l’apparence, à l’image du corps. Les TCA touchent essentiellement les filles (dans une proportion de 90 %). Les formes sous-cliniques concernent entre 50 et 60 % des filles et 40 à 50 % des garçons. Les filles vont être plutôt dans une restriction alimentaire et les garçons dans l’exercice excessif visant à contrôler leur apparence. Tous les troubles du comportement alimentaire ont des origines multifactorielles. Le contrôle de son apparence peut être encouragé par les informations provenant des réseaux sociaux, les messages distillés par les parents…

Les parents et les professionnels doivent faire la distinction entre la notion de santé et celle d’une perte de poids pour se sentir mieux. Les parents doivent en particulier, être attentifs à ne pas trop complimenter leurs enfants sur leur apparence physique. Il faut aussi qu’ils les valorisent sur d’autres plans.

Quels sont les signes avant-coureurs des TCA  ? Un des signes est le changement dans la façon de s’alimenter en maintenant ce changement et en le rigidifiant. Quand il y a maintien de la conduite avec la peur de prendre du poids et des pensées envahissantes, c’est là qu’il faut s’inquiéter. Il faut se demander pourquoi l’enfant adopte ce type de comportement. Comment ça va à l’école ? Comment cela se passe avec ses amis ? Un contrôle alimentaire peut être les symptômes d’autres problèmes.

Quel traitement peut-on proposer ? Un double suivi avec un médecin généraliste et un professionnel de santé mentale. La sécurité sur le plan de la santé physique sera la préoccupation du médecin tandis que le professionnel en santé mentale va axer son intervention sur les facteurs de risques, les vulnérabilités, l’estime de soi, la socialisation, le sentiment de compétences, les relations avec les autres…

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/panorama/segments/entrevue/389241/isabelle-thibault-troubles-alimentaires

 

Quand la méditation de pleine conscience est enseignée aux personnes en surpoids

02/02/2022

L’émission « Allo Docteurs » s’est rendue à l’hôpital de Montpellier pour un reportage sur la méditation de pleine conscience enseignée à des patients souffrant de surpoids et d’obésité.

Béatrix Toto, instructeur de méditation de pleine conscience est devant des personnes qui ont des troubles du comportement alimentaire avec souvent des problèmes d’obésité.

Ce programme « manger en pleine conscience » se compose de huit séances hebdomadaires, de 2h30 chacune. Les personnes interrogées dans le reportage reconnaissent l’efficacité de ce programme qui les oblige à mieux prendre conscience de ce qu’ils mangent. Le médecin qui la mit en place explique la thérapeutique : « Je crois qu’on ne peut changer que ce dont on a bien conscience. On aborde l’activité physique, la nutrition, les thérapeutiques médicamenteuses, avec la pleine conscience qui aide à une meilleure adhésion à chacune des autres thérapeutiques proposées ». Pour beaucoup de personnes, la perte de poids est « plus douce, plus progressive ». Cela leur permet de « tenir dans la durée ».

https://www.allodocteurs.fr/quand-la-meditation-de-pleine-conscience-est-enseignee-aux-personnes-en-surpoids-32386.html

Marie Claes : « Les chiffres sur l’anorexie en disent long sur la place des corps des femmes dans cette société »

29/01/2022

La journaliste Audrey Vanbrabant a interviewé l’autrice Marie Claes à propos de son roman « Légère » qui raconte comment le quotidien d’une adolescente peut basculer du jour au lendemain. Annabelle a « décidé de se purifier et de manger moins, vraiment beaucoup moins ». Elle dit « se priver pour être en meilleure santé ». Pour elle, « le combat contre le gras et le sucre ne sont que des élans vers la vie ».

L‘autrice dit avoir vécu un épisode d’anorexie dans son adolescence et qu’elle a ressenti le besoin d’écrire sur ce sujet. « Je voulais réussir à entrer dans la tête d’un personnage et d’expliciter le fait que l’anorexie n’est pas un caprice, mais une maladie qui part d’une grande souffrance ».

Le fait que ce soient majoritairement des femmes qui ont des troubles du comportement alimentaire fait dire à l’autrice de « Légère » que « cela en dit long sur la place des corps des femmes dans notre société ».

https://www.rtbf.be/article/marie-claes-les-chiffres-sur-lanorexie-en-disent-long-sur-la-place-des-corps-des-femmes-dans-cette-societe-10924405

 

Quand le sport devient une addiction

28/01/2022

Ce dossier paru dans « Santé Magazine » fait le tour de l’addiction au sport avec une définition, les causes et les conséquences, les vulnérabilités qui peuvent y conduire, les rapports avec les troubles du comportement alimentaire.

La docteure Julie Farbos, pédopsychiatre et médecin du sport au CHU de Bordeaux explique comment l’adolescence peut être une période à risques.

Elle conseille de s’adresser dans un premier temps à son médecin traitant. « Il pourra, en cas de besoin, orienter vers un médecin du sport ou un service hospitalier sport-santé. Un sportif se sentira moins à l’aise dans un service d’addictologie fréquenté par une population à laquelle il aura du mal à s’identifier ».

La prise en charge se fera avec  un médecin et un psychologue ; le but étant « d’aider la personne à sortir de son addiction, mais aussi de comprendre les mécanismes qui l’ont menée à la bigorexie, pour éviter de retomber dans le même piège ».

L’important pour le patient sera de prendre conscience du nombre d’heures qu’il passe par jour, semaine… à faire du sport et quelles conséquences cela a sur sa santé physique et mentale.

La prise en charge va consister à lui faire « modifier progressivement son rapport au sport », et à faire intervenir différents professionnels de santé qui vont l’aider. Certains patients pourront avoir besoin d’un traitement médicamenteux pour calmer leur anxiété.

https://www.santemagazine.fr/sante/addictions/bigorexie-quand-le-sport-devient-une-addiction-902192?at_medium=custom3&at_campaign=partage&at_custom1=twitter

 

Binge-eating : rétablir le dialogue entre l’intestin et le cerveau

24/01/2022                                                                                                           

Dans une étude publiée le 24 janvier 2022 dans la revue « Molecular Psychiatry », l’équipe scientifique « Contrôle central du comportement alimentaire et de la dépense énergétique » (Unité de biologie fonctionnelle et adaptative – Université de Paris/CNRS) a trouvé une nouvelle voie de contrôle de l’appétit reliant l’intestin et le cerveau, qui pourrait être à l’origine des troubles alimentaires de type compulsif, autrement connus sous le nom de binge-eating. En agissant sur cette voie grâce à des molécules ciblant le système des endocannabinoïdes, les chercheurs et chercheuses ouvrent une nouvelle perspective de recherche thérapeutique.

https://www.cnrs.fr/fr/binge-eating-retablir-le-dialogue-entre-lintestin-et-le-cerveau

 

Détecter l’addiction au jeu : un outil belge

25/01/2022

Gaming1, opérateur de jeux de hasard et d’argent en ligne a décidé de mettre au point une machine à détecter le risque d’addiction chez les joueurs. Le programme est basé sur l’intelligence artificielle. Il sera associé à des outils d’autocontrôle. L’outil devrait permettre de détecter tous les comportements en ligne : la vitesse avec laquelle le joueur clique, combien de fois il supprime son retrait d’argent (ses bénéfices, qu’il annule pour rejouer ces montants), le nombre de fois et le temps qu’il se connecte, le temps qu’il joue, le dépôt qu’il fait… Toutes ces données pourraient aider à anticiper « un comportement susceptible de devenir problématique ».

Pour Xavier Noël, docteur en psychologie spécialisé dans les addictions, ce type d’outil très innovant pourrait s’avérer très utile pour contenir le risque addictif.

La députée belge Els Van Hoof a repris l’idée dans une proposition de loi déposée en janvier 2020. Pour elle, les opérateurs ont « le devoir d’informer leurs clients, de détecter les comportements de jeu problématiques, d’exclure les joueurs à risque et de les orienter vers une assistance indépendante s’ils détectent des comportements de jeu problématiques ».

https://www.lecho.be/innover/general/un-outil-de-detection-de-l-addiction-au-jeu-made-in-belgium/10361583.html

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