L’association entre cannabis et survenue de trouble psychotique à l’adolescence semble se renforcer au fur et à mesure que la teneur en THC augmente, retrouve une étude canadienne parue dans Psychological Medicine.

Une synthèse scientifique réalisée par l’Institut fédératif des addictions comportementales (IFAC).

Cannabis puissance

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Les données épidémiologiques suggèrent que la consommation de cannabis chez les jeunes est associée à la survenue de troubles psychotiques. Mais les preuves actuelles reposent en grande partie sur des données du 20e siècle, époque à laquelle le cannabis était nettement moins puissant qu’aujourd’hui.

Dans cette étude canadienne, les auteurs ont couplé les données d’enquêtes basées sur la population de 2009 à 2012 avec les dossiers des services de santé couverts par les soins de santé universels de l’Ontario au Canada. La cohorte comprenait plus de 11 000 personnes âgées de 12 à 24 ans au moment de l’enquête et n’ayant jamais souffert de troubles psychotiques. Le critère principal d’évaluation était le nombre de jours avant la première hospitalisation, la première visite aux urgences ou la première visite en consultation externe liée à un trouble psychotique, selon les critères de l’étude. Les auteurs ont estimé les rapports de risque spécifiques à l’âge pendant l’adolescence (12-19 ans) et le début de l’âge adulte (20-19 ans). Des analyses de sensibilité ont exploré d’autres conditions du modèle, notamment en limitant les résultats aux hospitalisations et aux visites aux urgences afin d’accroître la spécificité.

Les résultats montrent que consommer du cannabis était significativement associé à la survenue de troubles psychotiques à l’adolescence (RRHa = 11,2 ; IC95 % 4,6-27,3), mais pas au début de l’âge adulte (RRHa = 1,3 ; IC95 % 0,6-2,6). Lorsque les auteurs ont restreint le résultat aux seules hospitalisations et visites aux urgences, la force de l’association s’est nettement accrue pendant l’adolescence (aHR = 26,7 ; IC95 % 7,7-92,8) mais n’a pas changé de manière significative chez les jeunes adultes (aHR = 1,8 ; IC 95 % 0,6-5,4).

Cette étude fournit de nouvelles preuves d’une association forte mais dépendante de l’âge entre la consommation de cannabis et le risque de troubles psychotiques, en accord avec la théorie développementale selon laquelle l’adolescence est une période vulnérable pour la consommation de cannabis. La force de l’association pendant l’adolescence était notablement plus importante que dans les études précédentes, ce qui pourrait refléter l’augmentation récente de la puissance du cannabis.

Par Benjamin Rolland

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