«Le labo de la présidentielle» : pourrait-on vraiment légaliser le cannabis ?

C’est une proposition que plusieurs candidats ont faite et que l’un des lecteurs a soumise au Parisien, de leur « Labo des propositions » en vue de l’élection présidentielle : peut-on légaliser le cannabis ? Le Parisien a tenté de décrypter les enjeux d’un tel changement, mais aussi les éventuels gains économiques.

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Addiction Cannabis - «Le labo de la présidentielle» : pourrait-on vraiment légaliser le cannabis ?

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit de légaliser la consommation de cannabis, qu’elle soit médicale ou récréative, dans un « cadre posé par l’État ». C’est différent de la dépénalisation, qui consiste simplement à supprimer « les sanctions pénales jusqu’alors encourues pour certains actes », selon le site service-public.fr. À l’heure actuelle – et depuis une décision provisoire du Conseil d’État du 24 janvier – seule la vente de CBD, un dérivé du cannabis, est autorisée.

D’après les derniers chiffres disponibles sur le sujet, la France est le pays européen qui compte le plus de consommateurs de cette drogue douce proportionnellement à sa population. 44,8 % des personnes (âgées de 15 à 64 ans) en ont fait usage au moins une fois dans leur vie. Par comparaison, la moyenne européenne est à 29 %. Selon ces mêmes données, c’est aussi en France que l’on compte le plus de personnes ayant consommé du cannabis « au cours de la dernière année » avec 11 % de personnes concernées.

Quels en sont les coûts et les bénéfices ?

Selon une note du conseil d’analyse économique, datant de juin 2019, « la légalisation du cannabis récréatif, strictement encadrée, permet (…) de développer un secteur économique, créateur d’emplois et de recettes fiscales », notamment grâce aux impôts. Car, à l’heure actuelle, tout l’argent du trafic de cannabis – dont le chiffre d’affaires était estimé à plus d’un milliard d’euros par an par l’Insee – échappe tant à la fiscalité qu’aux cotisations sociales.

Toujours selon le conseil d’analyse économique, les coûts liés à la répression policière (la lutte contre les infractions sur les stupéfiants représenterait un million d’heures de travail de la police) et à la justice sont plus élevés que les coûts liés à l’encadrement du marché en cas de légalisation, même si on y ajoute les potentiels coûts sanitaires. En clair, « la légalisation du cannabis génère un important dividende budgétaire », résume le document.

Au-delà des avantages économiques, les défenseurs de la légalisation du cannabis mettent généralement en avant la baisse de la criminalité, qui s’explique notamment par le fait que les réseaux sont privés d’une partie de leurs recettes. Certes, « on dispose de peu de recul, car la légalisation a été mise en place récemment », pose Marie Jauffret-Roustide, sociologue et chercheure à l’Inserm. Mais au Canada, « le marché noir a automatiquement diminué » avec l’offre légale du cannabis, même s’il « n’a pas été complètement éradiqué ».

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