"On ne veut pas de problèmes" : pourquoi des pharmaciens refusent-ils de délivrer leur traitement aux toxicomanes ?

Autres drogues / 12 novembre 2018

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Addiction Autres drogues - "On ne veut pas de problèmes" : pourquoi des pharmaciens refusent-ils de délivrer leur traitement aux toxicomanes ?

Sept pharmacies parisiennes sur dix refusent de délivrer leurs traitements aux toxicomanes en demande de Subutex ou de méthadone, substituts de l’héroïne. C’est le constat fait sur le terrain par l’association Asud (Auto-support des usagers de drogues), à l’issue d’un testing effectué cet été et révélé, début novembre, par Le Parisien. Une pratique “honteuse”, dénonce Fabrice Olivet, président de l’association, qui appelle à une “prise de conscience” des pharmaciens face à ce procédé.

Dans la capitale, se procurer ces produits est devenu un parcours du combattant, selon Asud. L’étude montre ainsi que 71% des 115 pharmacies testées entre le 20 juillet et le 25 août ne délivrent pas ces médicaments. Un chiffre loin d’être surprenant pour Fabrice Olivet, directeur de l’association Asud. “Cela fait dix ans que nous tirons la sonnette d’alarme. C’est un problème qui est connu et qui dure.” En 2012, l’Asud avait mené une enquête dans les pharmacies de quatre arrondissements parisiens. “A l’époque, trois pharmacies sur quatre refusaient déjà de servir les usagers de drogue”, déplore Fabrice Olivet.

Mais comment se justifient les pharmaciens qui refusent de fournir les traitements nécessaires aux personnes souhaitant traiter leur addiction aux opiacés ? Franceinfo les a interrogés.

“J’ai mes clients attitrés, les autres, je ne les sers pas”

“Ils sont un peu spéciaux ces gens-là : ils volent, ils sont insolents, ils ramènent des problèmes.” Dans cette officine du 10e arrondissement de Paris, la pharmacienne a un avis très arrêté sur les consommateurs de drogue, qui viennent régulièrement lui demander leur traitement de méthadone ou de Subutex. Substituts de l’héroïne, ces médicaments aident notamment les toxicomanes à rompre leur dépendance. “J’ai mes clients attitrés, les autres, je ne les sers pas”, déclare cette professionnelle, qui ne souhaite pas poursuivre la conversation.

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