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12 films pour comprendre les addictions, un ouvrage collectif écrit sous la direction de Lionel Souche et Patrice Redon

Éditions In Press, février 2026

Toutes les addictions

Difficile de ne citer que 12 films pour nous éclairer sur les processus en jeu dans l’addiction, tant la filmographie traitant de ce sujet est riche. C’est pourtant le pari réussi de cet ouvrage, qui à travers l’analyse de films, réalisée par des spécialistes de l’addiction, propose de clarifier des notions essentielles et souvent confondues (usage, mésusage, abus, dépendance, conduite addictive…) et d’en déployer les implications cliniques, sociales et culturelles.

Ces douze films, de fiction ou documentaires, semblent à première vue très éloignés les uns des autres puisqu’ils vont de Coffee and cigarettes de Jim Jarmush à La prima Cosa Bella de Paolo Virzi, en passant par Her de Spike Jonze ou Shame de Steve McQueen.

Et pourtant des liens se tissent très naturellement entre tous ces films avec en toile de fond l’Addiction avec un grand A, « meilleure amie, et pire ennemie », comme nous la présente le Pr Benjamin Rolland, psychiatre addictologue, en préface de l’ouvrage. Il nous explique que ces œuvres montrent à quel point les usages et leurs impacts ne sont souvent que « le reflet de l’état d’une société ou d’une partie de la société à un moment donné. »

Parcourir cet ouvrage, c’est donner à entendre les voix, les parcours de vie, les rites et les fragilités des différents protagonistes confrontés à un trouble de l’usage qui va les mener à l’addiction.

Comment le processus addictif avec une substance ou un comportement s’enclenche-t-il ? Comment s’emballe-t-il ?

Ce sont notamment les questions posées par les 12 auteurs/autrices, qui y répondent en prenant appui, non seulement sur le parcours des personnages, mais aussi sur les personnes qu’ils accompagnent en consultation…

Pour revenir aux œuvres mises en avant dans cet ouvrage collectif, certaines sont culte et emblématiques du traitement du sujet, comme Barfly de Barbet Schroeder, Trainspotting de Danny Boyle ou Requiem for a dream de Darren Aronofsky, et d’autres sont en passe de le devenir, comme Drunk de Thomas Vinterberg, un film étonnant qui mérite que l’on y fasse référence plus souvent…

L’ouvrage invite naturellement à visionner ces films pour explorer en profondeur, avec la distance de l’écran et de la fiction, non seulement la complexité des problématiques sociétales et sanitaires en jeu, mais aussi tout simplement l’intimité des consommations et la sensibilité qui se dégage inévitablement d’œuvres artistiques qui mettent en lumière des hommes et des femmes avec toute leur humanité et leur fragilité…

Thibault de Vivies,
DopamineCity.fr