Aller au contenu principal

"Face aux addictions, le sommeil est aussi le gardien de notre liberté."

Le Pr Pierre-Alexis Geoffroy, psychiatre, médecin du sommeil, auteur du livre « La nuit vous appartient » (éditions Robert Laffont) décrypte ce lien invisible, mais fondamental.

Toutes les addictions

 

Photo Pierre-Alexis Geoffroy

Pr Pierre-Alexis Geoffroy, psychiatre, médecin du sommeil, auteur du livre « La nuit vous appartient » (éditions Robert Laffont)

 

On le sait, bien dormir est essentiel, mais le sommeil est aussi le gardien de notre liberté face aux addictions.

 

 

 

Dormir une fonction vitale !

Passer en moyenne 27 ans de notre vie à dormir n’est pas une perte de temps, c’est un processus biologique indispensable !

Durant la nuit, notre organisme s’active :

  • nettoyage cérébral : le cerveau élimine les protéines toxiques accumulées en journée, trie nos connexions neuronales (synapses) pour consolider la mémoire, sans épuiser notre énergie,
  • protection physique : le sommeil régénère nos cellules, éteint les processus inflammatoires, booste l’immunité,
  • santé mentale : un manque de sommeil perturbe nos hormones de satiété, altère nos prises de décision, rend notre système de récompense hyper-sensible aux plaisirs immédiats (sucre, substances…),
  • substances psychoactives : des freins invisibles.

Consommées le jour ou le soir, les substances psychoactives dérèglent notre horloge interne et notre pression de sommeil, cette envie irrésistible de dormir :

  • les stimulants comme la cocaïne bloquent l’endormissement,
  • les sédatifs provoquent une somnolence artificielle.

Notre système de récompense possède sa propre horloge. Il est naturellement plus sensible au plaisir le soir. Le piège de la consommation vespérale se referme vite, particulièrement chez les adolescents, biologiquement plus « du soir ».

Alcool, cannabis : les faux amis du coucher

L’alcool et le cannabis détruisent la qualité de la nuit. Ils inhibent le sommeil paradoxal, la phase des rêves, rendant le sommeil superficiel.

La complexité survient lors du sevrage : + de 90 % des personnes qui arrêtent l’alcool ou le cannabis souffrent de troubles du sommeil majeurs.

L’arrêt du cannabis provoque notamment un « rebond » de sommeil paradoxal avec des cauchemars intenses insupportables, souvent plus violent que l’insomnie initiale. Cela devient un facteur majeur de rechute.

Les addictions comportementales (jeux d’argent et de hasard, pornographie…) altèrent aussi les nuits. Le cerveau privé de sommeil prend de mauvaises décisions, aggravant aussi les pertes financières.

Quant aux jeux vidéo, ils touchent de plein fouet les profils « du soir » (adolescents), renforçant la sévérité de la dépendance.

Retrouvez conseils et informations validés scientifiquement, dans « La nuit vous appartient » du Pr Pierre-Alexis Geoffroy (Ed. Robert Laffont).

 

Muriel Gutierrez
Amande épicée