Sur les bords de la Seine, ils sont perdus. Ces touristes, béret vissé sur le crâne, les yeux collés au GPS de leur téléphone. Cherchent-ils la Tour Eiffel ? Comparent-ils les avis sur les meilleures baguettes de Paris ?… Ou repèrent-ils l’adresse d’un dealer cinq étoiles ?
C’est le magazine Society, sous la plume de Baptiste Brenot et Théo Denmat, qui a documenté le phénomène. L’article a été publié début septembre.Exemple boulevard Sebastopol. Sur la carte, la fiche ne manque de rien. Une adresse glissée entre deux commerces bien réels, une photo de devanture violette et blanche, et une inscription sans ambiguïté : « 24/7 THC FAST DROP OFF ». Comprenez, livraison de cannabis en continu. La façade a été générée par une intelligence artificielle. Sur place, ni porte, ni vitrine, ni enseigne. Le commerce n’existe que sur l’écran.
Les journalistes ont recensé des dizaines de cas en France : à Marseille, un point de deal classé en « ferme », un autre en « magasin bio » ; à Melun, une fausse chocolaterie renvoyant vers une boîte vocale ; jusqu’à Rio de Janeiro, où des points de vente sont référencés à quelques centaines de mètres d’un commissariat. Un dealer parisien de 27 ans interrogé par le magazine résume l’intérêt de l’opération : être référencé professionnalise l’activité et rassure les clients. La Dépêche du midi avait mis en avant le phénomène dès 2017.
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