Pourquoi ne "fumer qu'en soirée" pour arrêter est une fausse bonne idée

Tabac
Addiction Tabac - Pourquoi ne "fumer qu'en soirée" pour arrêter est une fausse bonne idée

Vous avez certainement dans votre entourage cet ami qui “ne fume qu’en soirée”. Accro à la cigarette, lui? Jamais! Capable de s’enfiler dix clopes en quelques heures avec une bière à la main, il peut aussi ne pas en toucher une pendant les trois semaines qui vont suivre.

Cet attachement à la cigarette “festive” est aussi, pour certains gros fumeurs, une stratégie pour commencer à arrêter: avant de supprimer totalement le tabac de leur vie, ils commencent par réduire à certaines occasions. Mais est-ce une bonne idée? On fait le point à l’occasion de la journée mondiale sans tabac, ce mardi 31 mai.

Pas de différence entre fumeurs occasionnel et régulier

“Dans tous les cas, un fumeur occasionnel encourt plus de risques cardiovasculaires qu’un non-fumeur. Il n’existe pas de différence entre un fumeur régulier et occasionnel”, affirme d’emblée Jean-Philippe Santoni, pneumologue et pathologiste bénévole à la Fondation du souffle. Il n’existe pas de seuil en dessous duquel le tabac n’est pas nocif pour la santé.

Comme le souligne également Loïc Josseran, président de l’Alliance contre le tabac et professeur de santé publique à l’Université de Versailles Saint-Quentin, “dans tous les cas, un fumeur ingère des produits qui ne sont pas bons pour la santé. Il subit les mêmes effets vasculaires que les fumeurs réguliers”.

Tous deux insistent par ailleurs sur le possible effet addictif d’une telle pratique: ne fumer qu’en soirée, c’est prendre le risque de mettre en place une consommation de plus en plus fréquente, jusqu’à ce qu’elle devienne quotidienne. C’est déjà une forme d’addiction.

Addiction sociale

Quant à ceux qui envisagent d’arrêter complètement mais préfèrent commencer par limiter leur consommation à un cadre festif, c’est aussi une fausse bonne idée selon Loïc Josseran. “C’est loin d’être la solution idéale. Le problème, c’est que ces personnes entretiennent une addiction”, affirme-t-il. Quand on est fumeur, les récepteurs à la nicotine sont en éveil. Tout l’enjeu de l’arrêt de la cigarette est de les endormir (ils ne disparaissent jamais). Quand on fume, même occasionnellement, alors qu’on a été un fumeur régulier, on fait prospérer ces capteurs, on les empêche de s’endormir.

Voir la suite de l’article sur le site du Huffington Post

À lire aussi