Prendre des traitements psychotropes lors d’une grossesse peut-il aggraver un syndrome d’abstinence néonatal en opioïde ?

Autres drogues / 27 septembre 2018

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Addiction Autres drogues - Prendre des traitements psychotropes lors d’une grossesse peut-il aggraver un syndrome d’abstinence néonatal en opioïde ?

Des études récentes montrent que le nombre de femmes enceintes présentant un trouble lié à l’usage d’opioïde est en augmentation dans le monde. Le traitement usuel dans ce contexte repose sur une substitution par méthadone ou buprénorphine. Chez les nourrissons exposés aux opioïdes in utero, on peut parfois observer à la naissance un syndrome d’abstinence néonatal (SAN)caractérisé par des troubles neurologiques, respiratoires ou gastro-intestinaux. Des troubles psychiatriques sont souvent retrouvés chez les patients dépendants aux opioïdes, et la co-exposition à un ou des médicaments psychotropes est assez courante chez le foetus. Les auteurs de cette étude se sont interrogés sur l’impact de ces traitements sur le SAN.

 

Dans leur travail, 744 dyades mère-enfants dont la mère était sous buprénorphine ou méthadone ont été évaluées. 54% des mères prenaient au moins un traitement psychotrope, et 32% en prenaient plus de 2 (groupe polymédication). La polymédication était associée à une durée de séjour plus longue, à un nombre de jour de traitement par opioïde plus long, et à un traitement complémentaire du SAN plus fréquent et plus intense. Parmi les traitements médicamenteux, ils retrouvaient plus particulièrement cette aggravation du syndrome d’abstinence néonatal pour les benzodiazépines et la gabapentine.

 

Ces données donnent donc des pistes sur la conduite à tenir chez les patientes présentant à la fois un trouble addictif aux opioïdes et un trouble psychiatrique. La polymédication semble être à éviter quel que soit les psychotropes étant donné l’aggravation du syndrome d’abstinence néonatal qu’elle parait induire. L’usage des benzodiazépines et de la gabapentine devrait aussi d’après eux être évité pour limiter la gravité d’un syndrome d’abstinence néonatal.

Par Julien Cabé

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